Pourquoi les Harkis attirent autant les politiques ?

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Pourquoi les Harkis attirent autant les politiques ?
@ Christophe Petit Tesson / POOL / AFP
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François Hollande participera à l’hommage aux Harkis. Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé et Marine Le Pen seront eux aussi présents.

Le président de la République prononcera une allocution dans la cour de l’Hôtel national des Invalides dans le cadre de la journée nationale d’hommage aux Harkis, dimanche à 11h15. De très nombreux responsables politiques seront eux aussi présents, dont Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé et Marine Le Pen.

C’est la première fois que le président Hollande participe à une telle cérémonie, et cela s’est d’ailleurs décidé au dernier moment. Il ne devait y avoir au départ que le secrétaire d’Etat aux anciens combattants, Jean-Marc Todeschini. Pourquoi s’y rend-t-il ? Et quel est le poids électoral des Harkis ?

Sarkozy a oublié sa promesse. Ils ne représentent que quelques dizaines de milliers d’électeurs. D’un point de vue arithmétique, c’est donc négligeable. Mais leur poids symbolique reste considérable car en parlant aux harkis, on s’adresse aussi aux trois millions de pied-noir.

En 2007, les Harkis s’étaient rangés derrière Nicolas Sarkozy. Ce dernier envisageait alors de reconnaître la responsabilité de l’Etat dans leur abandon après les accords d’Evian. Une promesse mise de côté… Résultat : de plus en plus de harkis se tournent vers le Front nationa qui, dès sa création, rassemblait des partisans de l’Algérie française.

"C’est l’un de ses enjeux de ce week-end". Une tendance confirmée par Jean-Daniel Levy, de l’institut de sondage Harris Interactive : "tout laisser à penser qu’ils votent de plus en plus en faveur du Front national. Il y a une sensibilité très forte des harkis à l’égard des thématiques du FN, à l’égard de l’identité nationale. On a pu le voir lors des élections de 2012. Est-ce que cela perdurer en 2017 ? C’est l’un de ses enjeux de ce week-end".

François Hollande participera à cet hommage national. "Mais on ne peut pas nous accuser de récupération", explique l’Elysée. Autrement dit, les Harkis, c’est peine perdue. Mais cela permet de contrer Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy avec les habits du président rassembleur qui veut conjuguer les mémoires, rappeler que parmi nos ancêtres, il y a des magrébins morts pour la France.