Pour Wauquiez, ce que Macron "fait à Hollande n’est pas très digne"

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Pour Laurent Wauquiez, président par intérim des Républicains, la candidature d'Emmanuel Macron ne doit pas être une menace pour la droite.

INTERVIEW

Emmanuel Macron devrait annoncer sa candidature à l'élection présidentielle mercredi, selon des déclarations de son entourage. Une candidature qui pourrait rebattre les cartes de la présidentielle, dans la mesure où l'ex-ministre de l'Economie, dans les enquêtes d'opinion, grignote des voix aussi bien aux candidats de droite qu'à ceux de gauche. "On sent qu’il a besoin d’accélérer le tempo, sans doute parce qu’il a peur que Manuel Valls lui grille la politesse", a commenté Laurent Wauquiez, président par intérim des Républicains, invité mercredi de la matinale d'Europe 1. "Ce qu’il fait à François Hollande n’est pas très digne", a-t-il également estimé.

Mise à jour le 16/11 à 11h30 : Emmanuel Macron a annoncé mercredi à Bobigny sa candidature à la présidentielle de 2017, affirmant vouloir la placer "sous le signe de l'espérance".

"Un constat de faillite". La candidature annoncée du fondateur d’"En Marche !", qui interviend à quelques jours seulement du premier tour de la primaire de la droite et du centre, peut-elle menacer le candidat qui sortira vainqueur du suffrage ? "Voilà quelqu’un qui veut renouveler la politique, et bien jugeons le sur ses résultats. Il a conseillé la politique économique de François Hollande et il a été à Bercy", répond le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, avant d’énumérer : "50 milliards d’augmentations d’impôts, notamment sur les classes moyennes, une croissance en panne, 1.100.000 demandeurs d’emplois en plus et des fleurons industriels, comme PSA, vendus aux Chinois. Pour moi, je ne sais pas si c’est le renouveau, mais ça ressemble à un constat de faillite".

"Un nomade de la politique". "Emmanuel Macron est un nomade de la politique qui vit de trahisons successives et ça, franchement, j’aime pas trop", renchérit Laurent Wauquiez, pour qui l'ancien protégé de François Hollande ne peut incarner l'alternance dans la mesure où il est en partie tributaire du bilan de président de la République. "Vous voulez une politique de gauche : votez pour Hollande et Macron. Vous voulez une politique de droite : allez voter à la primaire", lance-t-il.

François Fillon, une surprise au second tour ? À quatre jours d'un vote décisif pour les Républicains, François Fillon opère une sensible remontée dans les sondages au point de pouvoir inquiéter le duo de tête formé par Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. "François Fillon a fait une bonne campagne, il a un projet cohérent et surtout, il a eu une dignité dans son comportement en ne passant pas son temps à taper et à critiquer les autres. Maintenant, ça n’est pas un concours de beauté", estime Laurent Wauquiez qui appelle les électeurs à fixer leur choix sur un programme. "Ce que je voudrais, c’est que les auditeurs choisissent en fonction de chemins proposés par la droite, qui ne sont pas exactement les mêmes", déclare celui qui soutient Nicolas Sarkozy.