Pour Aubry, Sarkozy est "ringard"

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Pour Aubry, Sarkozy est "ringard"
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ELLE FLINGUE - La maire de Lille estime qu'"on ne peut pas laisser revenir un homme qui reprend les vieilles recettes de la droite du vingtième siècle".

Pas de doute, Martine Aubry est bel et bien sortie de sa cure de silence médiatique. L'ancienne première secrétaire du PS a tenu vendredi sa conférence de presse de rentrée à Lille. L'occasion de tacler Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, mais aussi le projet de budget du gouvernement pour 2015, qui menace selon elle le financement des collectivités.

Sarkozy classé chez les "ringards". En réponse à la question d'un journaliste sur Nicolas Sarkozy, Martine Aubry a lancé : "on ne peut pas laisser revenir un homme qui reprend les vieilles recettes de la droite du vingtième siècle". Et de poursuivre : "Quand on est à Paris, peut-être qu'on ne se rend pas compte de ce que vivent les gens". Pour elle, "les ringards sont ceux qui vont chercher les recettes du vingtième siècle".

"Il n'a tiré aucune leçon de ses échecs", a encore ajouté la maire de Lille. "Il nous ressort ses heures supplémentaires payées. Quand on a trois millions de chômeurs, c'est le moment de faire des heures supplémentaires ?", s'est-elle interrogée.

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"Déçue" par Juppé. "J'ai été d'autant plus déçue, et je le dis d'autant plus que je pense que c'est un homme d'Etat, par l'intervention d'Alain Juppé hier soir", a poursuivi Martine Aubry à propos de la prestation de l'ancien Premier ministre sur France 2. Elle l'a décrit comme un "républicain", "qui accepte le débat" et qui "n'est pas de mauvaise foi dès qu'on n'est pas d'accord". "Mais j'ai été frappée de voir que sur le plan économique, on est resté dans le modèle libéral de pensée économique et qu'il n'y avait pas de propositions neuves dans les autres domaines. Comme si la droite avait arrêté de penser".

"Inquiète" pour les dotations aux collectivités. Martine Aubry s'est par ailleurs dite "extrêmement inquiète" pour les collectivités territoriales, dont l'équilibre budgétaire est menacé par la réduction prévue des dotations de l'Etat dès 2015, décidée par souci d'économies. Si le gouvernement ne change pas d'avis sur la question, "nous allons être obligés de toucher à ce que nous avons sacralisé depuis le début de la crise, à savoir le logement et les subventions aux associations", a ajouté la maire de Lille, évoquant l'obligation de prendre des décisions "extrêmement difficiles, et aberrantes en plus".

Début septembre, Martine Aubry avait déjà quelque peu critiqué la ligne du gouvernement. Elle avait estimé sur Europe 1 qu'il y avait "des inflexions à faire dans la politique économique pour que la croissance revienne".

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