Rebond de popularité de Hollande : "il devrait en rester quelque chose"

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Rebond de popularité de Hollande : "il devrait en rester quelque chose"
@ PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
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Emmanuel Rivière, de l’institut TNS Sofres, estime que le rebond de popularité de François Hollande peut, contrairement à celui observé après les attentats de janvier, être durable. 

INTERVIEW

Le rebond est spectaculaire. François Hollande voit sa popularité renaître après les attentats de novembre. La cote du chef de l’Etat connaît une hausse spectaculaire de 22 points dans le tableau de bord Ifop-Fiducial pour Paris Match/Sud Radio publié mardi, ce qui lui permet pour la première fois depuis l’été 2012 de retrouver la confiance d'une majorité de Français. Une autre enquête TNS-Sofres-Onepoint pour Le Figaro Magazine crédite le chef de l'Etat d'une hausse tout aussi considérable de 20 points. Mais à un niveau plus modeste, 35% des Français seulement déclarant lui faire confiance "pour résoudre les problèmes qui se posent en France". Emmanuel Rivière, directeur du Pôle Stratégies d’opinion chez TNS-Sofres, analyse le rebond présidentiel.

Près de trois semaines après les attentats de Paris, la popularité de François Hollande connaît donc un impressionnant regain de confiance. Comment l’expliquez-vous ?
Le rebond est spectaculaire, et il s’explique par deux facteurs. D’abord, François Hollande partait de très, très bas. Et puis, évidemment, il y a ces circonstances exceptionnelles. Les attentats ont mis de côté, chez les Français, les préoccupations de pouvoir d’achat ou de chômage au profit au profit d’une focalisation sur la sécurité ou la lutte contre le terrorisme. En outre, il y a quelque chose de supplémentaire, c’est que le chef de l’Etat a retrouvé du crédit auprès des sympathisants de droite, qui estiment que les problèmes révélés par les attentats ont été pris en charge de manière efficace.

Après les attentats de janvier aussi, la cote de confiance de François Hollande avait connu un sursaut, avant de retomber à des niveaux très bas. En sera-t-il de même cette fois-ci ?
En janvier, il y avait eu une sorte de Happy end, avec la disparition des méchants. Le rebond de François Hollande s’était plus fait sur la communion, ce qui lui allait bien d’ailleurs. Là, la reconquête se fait sur la fermeté, sur les interventions à l’étranger, bref, sur des positions très régaliennes, qui ont modifié un peu plus en profondeur la vision du président de la République. Donc, même si ce rebond record s’accompagnera, sans aucun doute, par une chute là aussi spectaculaire, il en restera probablement quelque chose de durable.

Il faut noter en outre que les interrogations sur une forme de laxisme sur un défaut de vigilance ne semblent pas avoir de prise sur la popularité du président. Alors, il reste évidemment des gens qui sont persuadés d’une certaine responsabilité du chef de l’Etat, et qui gardent leur très mauvaise opinion, mais cela n’a pas pesé négativement.

Le premier tour des régionales a lieu dimanche. Les candidats socialistes peuvent-ils espérer profiter du regain de popularité du président de la République ?
Il faut être prudent. Certes il y a une progression sur la vision du PS, qui passe de 25 à 32% de bonnes opinions, mais le parti retrouve là son niveau d’avant les départementales qui n’avaient pas été fameuses pour lui. Cela dit, le rebond présidentiel peut tout de même avoir un effet sur les hésitants, et, conjugué avec la tenue de la COP21, sur le report des voix, notamment écologistes, au second tour. Mais c’est compliqué de parler d’un futur sursaut socialiste. Et on s’achemine plutôt vers une lourde défaite.