Patrick Bloche : Vincent Peillon veut créer "un vote d'adhésion"

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Pour le directeur de campagne de Vincent Peillon, son poulain est le seul qui présente une candidature susceptible de réunir autour d'un projet les électeurs de la primaire de la gauche. 

INTERVIEW

Entré tardivement dans la campagne de la primaire organisée par le PS, Vincent Peillon se présente comme le candidat du rassemblement, se targuant de pouvoir réunir une gauche qui va de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron. L’ancien ministre de l’Éducation nationale de François Hollande veut créer autour de lui "un vote d’adhésion", assure Patrick Bloche, son directeur de campagne, invité vendredi de la matinale d’Europe 1. "Ce qui le frappe, c’est que du côté de Valls il y aura sans doute un vote de raison, et du coté de Hamon et Montebourg un vote sanction".

"La force tranquille". "Avec Vincent Peillon, j’ai trouvé quelqu’un qui dit ce que pense une majorité d’électeurs de gauche", assure le député de Paris. Alors que Manuel Valls, le favori de la primaire, annonce une Blitzkrieg (une "guerre éclair", NDLR) pour la rentrée, Patrick Bloche veut mettre en avant la pondération de son poulain. "On n’est pas en train de se faire la guerre, on est dans un débat démocratique devant les Français. Qu’il y ait la volonté, par le verbe, de traduire une dynamique peut-être trop absente aujourd’hui pour les partisans de Manuel Valls, soit. Mais j’ai vu aussi que Manuel Valls s’appropriait la 'force tranquille' de Mitterrand, et je pense qu’elle s’apparente plus à la démarche de Vincent Peillon."

"Vincent Peillon sait rédiger les projets, c’est même sa spécialité au parti socialiste".

Un projet pour la France en un mois. Vincent Peillon, dont l’entrée en campagne a été motivée par le renoncement de François Hollande, n’a pas encore dévoilé son programme. Pour cela, les électeurs devront patienter jusqu'au 3 janvier, en attendant, le candidat planche encore sur son projet, explique Patrick Bloche. "Vincent Peillon est député au parlement européen, donc investi dans les enjeux français et internationaux. Il sait rédiger les projets, c’est même sa spécialité au parti socialiste.[…] Il a été nourri de dizaines de contributions, de centaines de propositions", assure-t-il.

Un "bouclier fiscal" pour les plus modestes. Vincent Peillon envisage notamment de revenir sur certains aspects de la Loi Travail. "Il y a des mesures très positives. Mais il y a désaccord sur deux points : la hiérarchie des normes et les heures supplémentaires. […] C’est ce qui est resté pour nos concitoyens comme le synonyme d’une régression des droits sociaux en France", explique Patrick Bloche. Vincent Peillon, opposé au revenu universel notamment défendu par Benoît Hamon, devrait également "présenter une proposition qu’il appelle le bouclier fiscal pour les pauvres, pour les plus modestes […] pour prendre en compte la réalité de la vie de nos concitoyens, ce qui leur reste à vivre chaque mois, une fois que l’on déduit la CSG, les charges énergétiques, les impôts locaux, la taxe d’habitation et pour certains la taxe foncière. […] Vincent Peillon veut travailler sur ce reste à vivre qui est déterminant".

Rouvrir le débat sur le cannabis. Enfin, le candidat, qui lors de son passage au gouvernement avait demandé une réouverture du débat sur la dépénalisation du cannabis, espère remettre ce sujet en avant. "Rouvrir le débat, c’est induire le fait que la législation doit évoluer. Est-ce que l’on dit : 'oui, on dépénalise, point final', ou est-ce que l’on est dans une démarche graduée et dans l’idée de faire évoluer ?", interroge Patrick Bloche.