Marseille : y a-t-il le feu à la maison FN ?

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Une vingtaine d'élus Front national viennent de démissionner dans les Bouches-du-Rhône, notamment à Marseille où il n'y a désormais plus de groupe FN représenté à la métropole. 

Le Front national marseillais traverse une grave crise politique. Ces derniers jours, trois nouveaux élus ont décidé de lâcher le maire FN du 7e secteur de la ville, Stéphane Ravier. Conséquence : le FN ne peut plus siéger à la Métropole Aix-Marseille. En effet, il faut un minimum de 18 conseillers et aujourd'hui ils ne sont plus que 16. Pour la plupart, ces élus FN démissionnaires étaient des novices en politique que les cadres du parti sont allés chercher juste avant les municipales de 2014. 

"Je quitte le Front national". Parmi ces frontistes démissionnaires, on trouve Marie Mustachia qui, avec son collègue Antoine Maggio, vient de démissionner. Cette militante FN, fonctionnaire et âgé d'une cinquantaine d'années, était chargée des finances à la mairie des 13e et 14e arrondissements à Marseille alors qu'elle était totalement inexpérimentée en politique. Elle a démissionné après un an et demi de travail en tant que première adjointe. "Le bilan est désastreux. Rien n'a été réalisé. Nous n'avons jamais fait notre rôle d'élu", déplore-t-elle ainsi. "Je suis déçue du parti, je quitte le Front national", annonce-t-elle encore.

Marie Mustachia explique que plusieurs élus FN locaux ont "fait appel aux grandes instances à Nanterre" mais qu'"ils n'ont apporté aucune solution". Pour elle, le bilan est sans appel : "J'en déduis que si l'on n'est pas capable de gérer une situation de crise avec 150.000 habitants, je ne vois pas comment on peut gouverner un pays". Marie Mustachia affirme maintenant qu'elle réserve son choix pour la prochaine présidentielle. 

"C'est une trahison". Ces démissions touchent également d'autres villes comme Aix, Istres ou La Ciotat. Ces élus sont partis en guerre contre les méthodes de leur chef, le sénateur-maire Stéphane Ravier, surnommé "le leader nord-phocéen".

Mais lui préfère parler d'erreurs de casting : "Je me suis trompé sur leur fidélité, sur leur loyauté alors qu'un an avant ils n'étaient même pas au Front national donc c'est une trahison, une crise de croissance". L'élu frontiste évoque même un processus naturel : "Le Front national qui mûrit se déleste de gens qui avaient rejoint le front pour une carrière personnelle et pas pour l'intérêt général". Reste que pas moins d'une soixantaine d'élus FN ont démissionné de leur mandat en moins de deux ans sur la région Paca.