Marine Le Pen, en campagne à Lampedusa

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Marine Le Pen, en campagne à Lampedusa
@ REUTERS
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Suivie d’une nuée de micros, la patronne du FN a dénoncé les "flux migratoires de clandestins".

"L'Europe n'a pas la capacité de vous accueillir", a lancé Marine Le Pen aux migrants de Lampedusa, lundi lors d'une visite éclair sur cette île italienne où débarquent les clandestins fuyant les troubles politiques d’Afrique du Nord.

"J'ai beaucoup de compassion pour vous. Mais l'Europe n'a pas la capacité de vous accueillir, nous n'avons plus les moyens financiers", a expliqué la dirigeante de l'extrême droite française, à deux représentants des migrants arrivés ces dernières semaines sur cette côte en provenance de Tunisie.

Un coup de pouce supplémentaire pour les cantonales

La présidente du Front national, actuellement au plus haut dans les sondages, entend, avec cette visite, donner un coup de pouce supplémentaire à la campagne de son parti aux élections cantonales, où le FN espère gagner ses premiers cantons.

Arrivée en début d'après-midi à l'aéroport de Lampedusa, Marine Le Pen a été accueilli par une centaine de manifestants criant : "Les racistes dehors", ou encore "Lampedusa n'est pas raciste".

Après une visite d'environ une heure dans ce centre, Marine Le Pen a tenu une conférence de presse devant une cohue de plusieurs dizaines de journalistes venus de plusieurs pays européens. "Mon objectif n'est pas de faire de la propagande. Je préfère leur dire la vérité, l'Europe est en situation d'appauvrissement", a-t-elle répété.

Marine Le Pen fustige l'attitude de l'Europe

La dirigeante du Front national, qui est également députée européenne, a déploré une nouvelle fois que l'Union européenne "n'apporte aucune solution". Elle a préconisé que les marines nationales des pays concernés reconduisent les immigrés dans leur pays d'origine avant qu'ils ne débarquent.

"Je veux attirer l'attention de l'Europe sur ce qui est en train de se passer. Les responsables européens détournent les yeux en tentant de minimiser le risque de flux migratoire" des réfugiés qui aujourd'hui "se comptent en quelques milliers, et pourraient se compter en centaines de milliers", a-t-elle ajouté à Palerme, en Sicile, peu avant de prendre son avion pour l'île. "Je veux aussi apporter mon soutien aux habitants de Lampedusa qui ont le sentiment d'être totalement abandonnés, et en premier lieu par l'Union européenne, comme si ce problème n'était que celui de l'Italie", a-t-elle conclu.

Depuis le départ du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali et le début des insurrections en Libye, près de 10.000 candidats à l'immigration ont débarqué sur ce confetti de 20 km2 situé au sud de la Sicile. Soit plus du double du nombre d'immigrés arrivés pendant toute l'année 2010, a affirmé récemment le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni.