Marine Le Pen blacklistée par les banques françaises

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Marine Le Pen blacklistée par les banques françaises
Marine Le Pen peine à trouver un financement pour sa campagne présidentielle de 2017.@ PHILIPPE LOPEZ / AFP
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PRÉSIDENTIELLE - La présidente du Front national a fait appel à des établissements étrangers pour financer sa campagne de 2017.

INFO EUROPE 1

Marine Le Pen aborde la campagne présidentielle avec confiance. Il faut dire que de nombreux signaux sont au vert pour le Front national : l'extrême droite gagne du terrain en Europe, et a même failli remporter la présidentielle en Autriche lundi, tandis que la présidente du parti jouit toujours d'une insolente popularité dans les sondages. Il reste pourtant un détail qui coince : la fille de Jean-Marie Le Pen ne dispose pas des fonds nécessaires pour financer sa campagne de 2017.

Demander des comptes à la FBF. De fait, la présidente du Front national est persona non grata chez les banques françaises. En privé, elle ne décolère pas, se demandant "comment il se fait que des partis politiques à des niveaux d'endettement inouïs aient le soutien des banques et pas le FN". Bien décidée à s'emparer du problème, Marine Le Pen souhaite demander des comptes directement au président de la Fédération bancaire française, Frédéric Oudéa. Celui-ci est bien placé pour lui répondre puisque la Société Générale, dont il est également le PDG, est la banque historique du Front national.

Pour la campagne de 2012, l'établissement avait en effet prêté 4 millions d'euros au parti frontiste. Mais début 2014, par courrier, la banque avait fait savoir au Front national qu'elle ne faisait plus de prêt à aucun parti, ni aucun candidat. Motif invoqué : l'affaire Bygmalion, qui l'aurait décidée à couper les vivres à tout le monde. Vrai argument ou faux prétexte ? Marine Le Pen a bien l'intention d'éclaircir ce point.

Des demandes à 45 banques dans le monde. Quoi qu'il en soit, la présidente du Front national a besoin de trouver ailleurs de quoi financer sa campagne présidentielle de 2017. Marine Le Pen a donc envoyé des demandes de prêt à 45 banques dans le monde entier. Des courriers sont partis il y a trois semaines vers, notamment, la Chine ou l'Inde, et le Front national attend maintenant les réponses. L'inquiétude de la présidente du parti frontiste est réelle. Car au vu de ses chances d'accéder au second tour, il lui faut autour de 20 millions d'euros. Mais ce n'est pas tout. Après la course à l'Élysée, le Front national doit organiser la campagne des élections législatives, pour lesquelles Marine Le Pen a beaucoup d'ambition. 

C'est là tout le paradoxe du Front national. D'un côté, la récolte des 500 parrainages nécessaires pour participer à la présidentielle sera une formalité, le parti étant passé de 180 élus en 2012 à près de 2.000 aujourd'hui. Mais cela ne lui ouvre pas les portes de la respectabilité auprès des banques. Signe qu'entre la dédiabolisation et la normalisation, il y a un pas que le Front national n'a toujours pas franchi.