Manuel Valls plonge à son tour dans l'arène du Salon de l'agriculture

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Manuel Valls plonge à son tour dans l'arène du Salon de l'agriculture
@ Stéphane de SAKUTIN/AFP
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Le Premier ministre va se rendre au Salon de l'Agriculture lundi matin avant 7h.

Après l'inauguration mouvementée du Salon de l'agriculture samedi par le chef de l'Etat c'est au tour du Premier ministre Manuel Valls de plonger dans l'arène houleuse de la Porte de Versailles lundi dès potron-minet.

Quelques heures avant la fin des négociations. Le chef du gouvernement a prévu d'arriver avant 7h, à l'heure de la traite, bien avant le débarquement des visiteurs mais quand les allées des éleveurs sont déjà pleines. Ce sont eux surtout qui ont signé les débordements au passage de François Hollande, enchaînant noms d'oiseaux et sifflets, après avoir tenté une haie d'honneur le dos tourné au cortège présidentiel, repoussée par un service d'ordre musclé.

Le Premier ministre arrive aussi à quelques heures de la fin officielle des négociations commerciales lundi soir à minuit entre les industriels et la grande distribution (GMS), accusée de tirer les prix vers le bas en entrainant les agriculteurs dans cette spirale infernale.

"Faire preuve de solidarité". Depuis une dizaine de jours, les principaux acteurs (industriels de l'agroalimentaire et responsables agricoles) se relaient pour dénoncer des "négociations plus dures que jamais" avec les représentants de la GMS, qui prennent parfois l'allure d'une "garde à vue" selon un industriel s'exprimant sous couvert de l'anonymat. "Nous avons appelé les enseignes de la grande distribution à faire preuve de solidarité en ne baissant pas les prix lors des négociations commerciales pour 2016" prévenait la semaine dernière Manuel Valls.

La loi modifiée ? Samedi, le président Hollande a enfoncé le clou et mis en garde les distributeurs : certes, "l'Etat ne fixe pas les prix" a-t-il reconnu, mais il peut et "doit faire pression sur les distributeurs pour une vraie reconnaissance du travail de l'agriculteur" a-t-il dit. Le chef de l'Etat entend modifier "avant l'été" la Loi de modernisation de l'économie (LME) adoptée en 2008, sous le quinquennat précédent, afin de garantir une meilleure protection du producteur, parent pauvre de ces négociations, et qu'il "ne serve pas de variable d'ajustement" pour préserver les marges des intermédiaires et des distributeurs.