Manuel Valls "embarque la ministre du Travail dans le mur"

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Pierre Jacquemain, qui a récemment claqué la porte du cabinet de Myriam El Khomri, a décrié le rôle du Premier ministre dans le "renoncement de la gauche".

INTERVIEW

"Cette gauche a trahi le droit des travailleurs". Quelques jours après sa démission, l'ex-conseiller de Myriam El Khomri, Pierre Jacquemain s'est dit "déçu" du tournant social-libéral pris par le ministère du Travail, sous l'impulsion de Manuel Valls.

"Ce texte ne lui ressemble pas". "Je connais la ministre depuis quelques mois pour avoir travaillé avec elle (au secrétariat d'Etat de la politique de la Ville, ndlr). Je connais ses convictions, ce texte ne lui ressemble pas", a-t-il déclaré sur Europe 1, jeudi. Au lendemain du Conseil des ministres, après lequel la ministre du Travail a réaffirmé sa volonté d'aller "jusqu'au bout" dans son projet de réforme du code du Travail, son ex-conseiller déplore un texte "très régressif pour les droits des travailleurs".

Valls "cohérent" dans le renoncement. En cause selon lui, l'influence sociale-libérale de Manuel Valls. "C'est une démarche assez personnelle du Premier ministre, qui embarque la ministre du Travail dans le mur, et les Français avec elle", a-t-il déploré. Pour autant, Pierre Jacquemain ne semble pas si surpris par la teneur de ce texte. "Manuel Valls trahit les idées de la gauche mais il est cohérent avec lui-même", a-t-il ironisé. 

"L'échec politique" d'El Khomri. Celui qui a pourtant travaillé sur ce projet de loi Travail fait le constat d'un "échec personnel" mais surtout, de "l'échec politique de Myriam El Khomri" qui, selon lui, n'a pas fait peser sa sensibilité sociale dans la balance. "On avait une opportunité historique de faire progresser le droit des travailleurs dans un monde qui est très précarisant", a-t-il regretté. "J'irai manifester contre ce texte de loi le 9 mars", a-t-il assuré, espérant qu'une forte mobilisation des citoyens pourrait être le déclencheur "d'une nouvelle dynamique" à gauche . Pierre Jacquemain a également affirmé vouloir signer la pétition contre le projet de loi, qui compte déjà plus de 900.000 signataires.