MAM, Borloo et Fillon : ce que disait Sarkozy en "on"

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MAM, Borloo et Fillon : ce que disait Sarkozy en "on"
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SOUVENEZ-VOUS - Europe1.fr s'est plongé dans les archives officielles de l'ancien président, qui diffèrent des conversations "off" enregistrées par Patrick Buisson. 

Les enregistrements de Patrick Buisson publiés dans le Canard Enchaîné et Atlantico auraient rendu "fou furieux" Nicolas Sarkozy, dixit ses proches. A la lecture de ces conversations off, certains ministres du gouvernement Fillon ont dû aussi déchanter.

Le devenir de Michèle Alliot-Marie, Jean-Louis Borloo ou encore François Fillon a été explicitement évoqué lors de deux réunions, qui se sont tenues les 26 et 27 février 2011, et qui étaient entièrement consacrées au remaniement. Les mots de Nicolas Sarkozy à leur égard ne sont pas tendres et sont loin, très loin des propos tenus officiellement par le président à l'époque. Europe1.fr vous propose une comparaison des discours "on" et "off".

EN OFF - "Remplacer François Fillon par Jean-Louis Borloo, c'est  grotesque (...) Même si Fillon n'est pas décevant, il est comme on le sait"

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La phrase est peu flatteuse pour François Fillon. Elle est franchement vache pour Jean-Louis Borloo. Elle aurait été prononcée par Nicolas Sarkozy, lors d'une réunion à La Lanterne, en février 2011. L'hypothèse d'un changement de Premier ministre s'est déjà présentée lors d'un premier remaniement, le 14 novembre 2010.

Pendant des mois, l'ancien président a laissé François Fillon et Jean-Louis Borloo se livrer à un duel à distance. Même s'il ne partage pas grand-chose avec celui qu'il avait qualifié de "collaborateur "au début du quinquennat, Nicolas Sarkozy s'était résigné à garder François Fillon, lors de ce premier remaniement. Trois mois plus tard, en février 2011, la question est reposée, lors de cette réunion avec ses collaborateurs, enregistrée par Patrick Buisson. Mais Nicolas Sarkozy la balaie d'un revers de main.

EN ON - "Si j'ai demandé à François Fillon de continuer, c'est parce que j'ai une grande confiance en lui"

Au lendemain du premier remaniement, Nicolas Sarkozy avait tressé des lauriers à François Fillon, le qualifiant de "meilleur Premier ministre" pour la France. "Si j'ai demandé à François Fillon de continuer, c'est parce que j'ai une grande confiance en lui, parce qu'il est très compétent, parce que nous travaillons ensemble sans aucun nuage depuis des années", avait assuré le président d'alors, lors d'une intervention télévisée. "Nous avons une confiance l'un dans l'autre", avait encore martelé Nicolas Sarkozy. Une confiance visiblement insuffisante puisque l'hypothèse d'un changement de tête à Matignon avait été évoquée, lors de cette réunion à La Lanterne relatée par Atlantico, à partir des enregistrements de Patrick Buisson.

EN ON - "Un homme comme Jean-Louis Borloo est un homme de très grande qualité"

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© Reuters

L'hypothèse Jean-Louis Borloo à Matignon, qualifiée de "grotesque" en "off", ne semblait pas si improbable en "on". Dans cette même allocution télévisée, Nicolas Sarkozy avait pris soin de rendre hommage au rival de François Fillon et laisser la porte entrouverte à un avenir à Matignon. "J'ai réfléchi, notamment parce qu'il y avait d'autres possibilités, peut-être d'ailleurs qu'un jour, elles se présenteront. Un homme comme Jean-Louis Borloo est un homme de très grande qualité", avait souligné celui qui était alors président.

 

EN OFF - "J'ai accepté qu'elle (Michèle Alliot-Marie) me fasse une lettre de démission. Mais enfin, personne n'est dupe (...) Elle ne se rend pas bien compte. C'est comme si elle n'avait rien fait, qu'elle pouvait continuer"

Le 27 février, Michèle Alliot-Marie remet sa lettre de démission au chef de l'Etat. La polémique autour de ses vacances en Tunisie en pleine révolution arabe ne désenfle pas et Nicolas Sarkozy ne lui laisse plus le choix : elle est virée du gouvernement Fillon. Alain Juppé prendra sa place au ministère des Affaires étrangères.

EN ON - "Ce n'était pas la meilleure idée que d'aller en Tunisie mais aucune faute n'a été commise"

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© REUTERS

Pressé par l'opposition de se séparer de sa ministre des Affaires étrangères, Nicolas Sarkozy avait refusé, dans un premier temps, de s'exprimer sur l'affaire MAM. 15 jours avant le remaniement, dans l'émission Paroles de Français, il apportait un soutien, certes mesuré mais un soutien quand même à MAM. "Sans doute, si nous en avions parlé, Michèle Alliot-Marie et moi, nous aurions convenu que ce n'était pas la meilleure idée que d'aller en Tunisie, même si c'est plus facile à dire après qu'avant", avait-il dit. Mais immédiatement, le chef de l'Etat dédouanait sa ministre, considérant qu’aucune "faute" n’avait été commise. 15 jours plus tard donc, Michèle Alliot-Marie sera priée de remettre sa lettre sa démission sur le champ.
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