Macron "très attaché à des mesures qui n'ont pas été retenues" dans la loi El Khomri

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EMPLOI - Le ministre de l'Economie s'est dit favorable à la poursuite du "travail de pédagogie" entamé par le gouvernement pour aller plus loin dans les réformes.

INTERVIEW

Emmanuel Macron ne l'a jamais caché : il aurait aimé aller plus loin sur la loi El Khomri. Et la version révisée du texte, présentée lundi par l'exécutif, ne réforme pas assez selon lui. "Je suis très attaché à des mesures qui n'ont pas été retenues dans ce texte car la concertation a montré qu'elles n'étaient pas acceptées", a-t-il déclaré mercredi sur Europe 1. Le ministre de l'Economie a appelé à "continuer le travail de pédagogie" sur les diverses mesures controversées.

"Dédramatiser, expliquer". Emmanuel Macron a pris l'exemple des dispositifs sur l'apprentissage, "qui sont importants". Le texte initial prévoyait en effet de permettre d'augmenter le temps de travail des apprentis, jusqu'à 40 heures par semaine, sans autorisation préalable. Une mesure qui avait fait hurler les syndicats, notamment étudiants. "Il faut dédramatiser, il faut expliquer", a estimé le ministre de l'Economie. Lui compte désormais sur les débats parlementaires pour améliorer le projet de loi. "J'ai toujours demandé aux parlementaires d'enrichir les textes, de les renforcer", a t-il expliqué, rappelant au passage que c'est "ce qui a pu être fait pour la loi de croissance sur beaucoup de sujets".

"Avancer de manière pragmatique". Cet éloge de la pédagogie et du débat parlementaire n'est pas nouveau dans la bouche du ministre de l'Economie. Lors de sa loi de croissance, il avait en effet mis un point d'honneur à être présent tout au long des discussions avec les députés et les sénateurs, se taillant la réputation d'un homme de dialogue. Surtout, c'est lui qui, au plus fort de la crispation sur la loi El Khomri, avait appelé dans une interview au JDDà ne "pas tout brutaliser". Sous-entendu : concéder certains arbitrages et ne surtout pas évoquer l'utilisation du 49.3. "Il faut accepter que ce qu'on voulait faire n'est ni compris ni accepté", a estimé Emmanuel Macron. "Plutôt que de tout bloquer, il faut avancer de manière pragmatique mais continuer à expliquer pour aller plus loin."