Macron aux Français de New York : "Revenez !"

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En visite officielle à New York, Emmanuel Macron s'est adressé longuement à la communauté des expatriés français. 

"Revenez! La terre de conquête, c'est la France", a lancé mardi Emmanuel Macron aux Français de New York, un public enthousiaste que cette suggestion surprise a toutefois désarçonné. Le président de la République a prononcé mardi soir un long discours devant plusieurs centaines de membres de la communauté française, défendant à la fois ses réformes en France, son projet de refonder l'Europe et son soutien au multilatéralisme de l'ONU.

"L'esprit de conquête souffle à nouveau." Le public était acquis, les Français de New York ayant voté pour lui à la majorité absolue (52,6%) dès le 1er tour de la présidentielle et plébiscité à 95% au second tour. "Revenez, irriguez, l'esprit de conquête souffle à nouveau", a poursuivi Emmanuel Macron. "La place que la France occupe dans le concert des nations est presque aujourd'hui un miracle ! Une rémanence, une persistance rétinienne", a-t-il ajouté. "Nos contributions à l'ONU n'ont rien à voir avec la place que nous y occupons. Notre puissance économique est de plus en plus déconnectée de celle-ci. Pour que cette voix française soit entendue nous devons nous transformer nous-mêmes".

Lapsus. "C'est l'Histoire qui nous a mis là", a-t-il rappelé, en référence à la naissance de l'ONU en 1945. Se projetant loin dans l'avenir, il a espéré que "celle ou celui qui (lui) succédera dans 70 ans puisse aussi tenir un discours devant l'ONU". Au cours de son discours, il a commis un lapsus qui a fait s'esclaffer la salle, annonçant qu'en novembre la France "sortira de l'Etat de droit", au lieu de "l'état d'urgence". "Je constate qu'il n'y a pas eu de réactions", a-t-il plaisanté en se corrigeant aussitôt, "j'ignore si c'est de la torpeur ou de l'acquiescement, je choisis le premier !"

"Nous voyons tout avec beaucoup de lucidité mais nous ne faisons à peu près rien de ce que nous considérons devoir être fait", a-t-il aussi dit en revenant sur la capacité des Français à accepter les réformes. "Mais nous pouvons conjurer ce mauvais sort. Il est indispensable de le faire maintenant", a-t-il conclu.