Au fait, quels sont les soutiens d'Emmanuel Macron ?

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La démission d'Emmanuel Macron du ministère de l'Economie arrive à point nommé pour se lancer dans la campagne présidentielle. Mais quels sont ses soutiens pour y parvenir ?

L'ENQUÊTE DU 8H

Il l'a annoncé au 20h de TF1 mardi soir, Emmanuel Macron compte porter un projet "pour 2017, d'évidence." Bien qu'il n'ait pas officiellement annoncé sa candidature à l'élection présidentielle, l'ancien ministre de l'Économie doit maintenant rassembler ses forces et ses soutiens. Mais lesquels sont-ils ? Europe 1 a mené l'enquête.

Une véritable machine de guerre. Emmanuel Macron n'a pas attendu de quitter le gouvernement pour s'entourer de soutiens fidèles. Des soutiens qu'il a cultivés au gré de ses fonctions au sein de la banque Rothschild ou du ministère de l'Économie. Dans son réseau, on trouve aussi bien des grands patrons comme Geoffroy Roux de Bézieux, le vice-président du Medef ou encore Bernard Spitz le puissant chef de la Fédération des Assurances, que des acteurs susceptibles de participer à la Nouvelle économie (terme qui désigne la croissance de l'économie depuis l'émergence et l'utilisation des nouvelles technologies).

Et pour cultiver ses relations, le fondateur du mouvement En Marche! fait organiser ses dîners. C'est Marc Simoncini, président de Sensee et fondateur de Meetic et de Jaïna, qui s'acquitte de cette tâche. Son rôle ? Réunir pour Emmanuel Macron des patrons de start-up, des chercheurs etc. Jusqu'à 20 personnes peuvent participer à ces rencontres pour "challenger" des idées. L'ancien ministre visite chacune de ses tablées de cinq à tour de rôle."Ce n'est pas le patronat à l'ancienne, type Medef, c'est plutôt les entrepreneurs qui sont dans un univers d'innovation, qui prennent des risques", décrit Olivier Mathiot qui y a déjà participé. "Emmanuel Macron par ses supports, ses soutiens, son réseau, c'est l'un de ceux qui est vraiment probablement en avance, en tout cas de ce point de vue-là."

De nouveaux appuis à rallier dans la classe politique. La démission d'Emmanuel Macron n'était une surprise pour aucun de ses soutiens. Ses partisans n'attendaient que ce signal pour commencer à financer son mouvement, parce qu'Emmanuel Macron doit faire autrement par rapport aux autres candidats : il n'a pas de parti, pas d'appareil. Alors il drague, il charme des économistes ou des représentants syndicaux. Ses détracteurs disent qu'il tente "d'encercler le pouvoir". Seule faiblesse dans son réseau décrit par certains comme "l'un des plus beaux", son ancrage de terrain. 

Il faut vraiment changer la donne, il faut renverser la table

Alors il a chargé une équipe, dirigée par François Patriat, sénateur de Côte d'Or, d'arpenter les couloirs du Sénat et de l'Assemblée pour rallier les parlementaires à la cause de Macron. "On est maintenant 40 parlementaires, députés et sénateurs. Chaque mercredi nous nous rencontrons alternativement au Sénat ou à l'Assemblée pour voir comment nous pouvons amplifier le mouvement. Pour la plupart, ce sont d'anciens rocardiens, des strauss-khaniens bien entendu mais il y a aussi des gens qui viennent totalement de l'autre côté, des députés qui sont venus du camp d'Aubry. Il faut vraiment changer la donne, il faut renverser la table."

Des militants locaux. A l'autre bout du spectre, les militants de son mouvement En Marche! fondé en avril 2016. Emmanuel Macron pourrait compter sur 60.000 adhérents dont les deux tiers auraient versé moins de 50 euros au mouvement. Un soutien local de terrain que son porte-parole Benjamin Grivaux ne manque pas de mettre en avant. "Nous avons de très nombreux comités locaux dans les territoires. Ce n'est pas un mouvement, comme on l'entend souvent, parisien ou francilien puisque les trois quarts de nos adhérents ne sont pas Franciliens. Ce sont des personnes qui n'ont jamais ou quasi jamais milité dans des partis politiques traditionnels parce qu'ils les trouvaient trop enfermés dans un carcan."

Et pour mieux cibler de potentiels nouveaux soutiens, ses équipes sont en train d'analyser la grande enquête que le fondateur du mouvement a lancée sur les préoccupations des Français. Cela lui permettra de mettre l'accent de sa campagne sur certains quartiers et d'adapter son discours aux attentes des personnes sondées. Un système déjà expérimenté par Barack Obama lors de ses campagnes présidentielles. Tout concourt donc à penser qu'Emmanuel Macron se prépare activement à l'échéance de 2017.