Luc Ferry sur la loi El Khomri : "Je pense que les jeunes s'amusent en manifestant"

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Luc Ferry sur la loi El Khomri : "Je pense que les jeunes s'amusent en manifestant"
Luc Ferry.
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L'ancien ministre de l’éducation nationale est l'invité d'Anne Sinclair, samedi. Selon lui, jeunes et politiques se fourvoient au sujet de la loi El Khomri.

INTERVIEW

Alors que l'être humain entre dans la troisième révolution industrielle faite de big data (la collecte des données), d'objets connectés et d'intelligence artificielle, Luc Ferry indiquait il y a quelques jours sur Europe 1 que les Français pensaient être "gouvernés par des blaireaux". Pour le philosophe, invité samedi d'Anne Sinclair à l'occasion de la sortie de son livre*, les politiques sont à des années lumière de ces questions vitales. "Il est urgentissime que les politiques s’intéressent à ces questions au lieu de faire des débats entre socialistes et libéraux sur la loi El Khomri qui est un truc surréaliste d’archaïsme."

"La loi El Khomri était très bonne au départ, il n’en reste rien". Le ton est donné alors qu'une nouvelle manifestation de jeunes contre cette loi Travail est prévue ce samedi. "Je pense que les jeunes se font les dents, s’amusent en manifestant. Je ne crois pas en leur inquiétude. C’est une manif absurde parce que cette loi va dans un sens favorable aux jeunes", commente l'ancien ministre qui pense que, jusqu'alors, "la France a choisi de protéger ceux qui ont un emploi. Si vous interdisez le licenciement, vous protégez ceux qui ont un emploi mais vous empêchez ceux qui n’en ont pas d’y entrer. S’il n’ y a pas de flexibilité, les TPE (très petites entreprises) n’embauchent pas. La loi El Khomri était très bonne au départ, il n’en reste rien", assomme-t-il.

"Un gouvernement d'union nationale". L'homme persiste-t-il dans ses propos d'une France dirigée par des blaireaux ? Certains semblent à ses yeux moins "blaireaux" que d’autres. "Si Macron (qui vient de lancer son mouvement, ndlr) et Juppé se mettent ensemble, je voterai pour eux, indique-t-il avant de tacler. "Quand un président de la République représente 15% des Français, il ne peut rien faire. Je suis pour un gouvernement d’union nationale. Cela suppose que si quelqu'un comme Juppé est élu, il faut mettre quelqu'un comme Macron ou Vedrine à Matignon. Parce que c’est a Matignon que ça se joue. Il faut un gouvernement qui représente plus de 50% des Français, sinon on ne peut rien faire."

*La révolution transhumaniste, Plon.