Loi Evin : l'amendement de "clarification" est passé

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Loi Evin : l'amendement de "clarification" est passé
Le Premier ministre Manuel Valls et la ministre de la Santé Marisol Touraine, le 24 mars 2015.@ FRANCOIS GUILLOT / AFP
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ALCOOLS - Le gouvernement a choisi d'assouplir la loi qui réglemente strictement la promotion de l'alcool.

C'est l'une des très nombreuses mesures de la loi Macron, sur laquelle Manuel Valls a engagé mardi la responsabilité du gouvernement. La loi Evin sera modifiée par un amendement du gouvernement visant à la "clarifier". Une satisfaction pour les filières viticoles et une défaite pour les professionnels de santé.

L'exécutif cherche ainsi à clore une polémique qui a éclaté la semaine dernière, après l'adoption par les députés d'un amendement sénatorial sur la distinction entre information et promotion de l'alcool. Les professionnels de santé étaient montés au créneau, ainsi que la ministre de la Santé Marisol Touraine.

Une version plus précise. Le gouvernement a finalement réécrit l'article controversé. Selon cette nouvelle version, ne relèveront pas de la loi Evin les contenus liés notamment "à une région de production" ou "au patrimoine culturel, gastronomique ou paysager liés à une boisson alcoolique disposant d'une identification de la qualité ou de l'origine", ou liés à un terroir protégé.

La formulation est différente, mais le lobby du vin n'en a pas moins gagné la bataille. Interrogé par Europe 1, le sénateur de Gironde Gérard César, à l'origine de l'amendement, se montre satisfait. "A priori, nous avons davantage de possibilités de faire de la communication, et pas de la publicité, sur les régions viticoles, leurs paysages, l'art de vivre, la gastronomie", explique-t-il.

"Un lâchage". "C'est un lâchage", dénonce de son côté le Dr Alain Rigaud. Cet addictologue et alcoologue a bataillé dans les couloirs de l'Assemblée contre la modification de la loi Evin. "Le gouvernement lâche la loi Evin pour offrir à la viticulture toute une série de possibilités de communication qui vont échapper à la loi, sous prétexte de sécuriser le secteur de l'eonotourisme, qui n'a jamais été inquiété", s'insurge-t-il.

Au ministère de la Santé, les mots sont moins forts. Mais dans l'entourage de Marisol Touraine, on reconnaît tout de même avoir perdu la bataille. La loi Macron doit maintenant repartir au Sénat, avant son adoption définitive par les députés en juillet.