Levée d'immunité parlementaire : Collard dépose un recours et entend porter plainte

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Le député RBM-FN dénonce une procédure "irrégulière" sur la forme et charge l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. 

Le député FN Gilbert Collard a annoncé mardi avoir déposé un recours au tribunal administratif afin de faire annuler la décision du bureau de l'Assemblée sur la levée de son immunité parlementaire, et entend porter plainte contre le président François de Rugy.

Une première sous la Veme, selon Collard. "Le recours est parti devant le tribunal administratif", a déclaré le député, confirmant des informations de Valeurs actuelles. Cette saisine, qui vise à faire annuler la décision du bureau pour "excès de pouvoir", est "une première" sous la Veme République, selon cet avocat de profession. "Une plainte pour faux va être déposée dans quelques jours", "une dizaine de jours", a ajouté Gilbert Collard, précisant qu'elle "visera le président de l'Assemblée François de Rugy" (LREM).

Une demande de levée rejetée en février. Le bureau de l'Assemblée, sa plus haute instance collégiale, a décidé le 27 septembre de lever l'immunité du député qui avait diffusé sur Twitter des photos d'une victime du groupe Etat islamique. Cette levée d'immunité doit permettre qu'un "mandat d'amener" soit délivré et que l'élu du Gard se rende aux convocations du juge. Comme habituellement, le bureau ne s'est pas prononcé sur le fond du dossier. Il avait une première fois, en février, rejeté une telle demande, la requête de la justice n'étant pas jugée "suffisamment précise".

Des vices de forme ? Gilbert Collard a justifié ce recours par le fait que "la convocation du bureau est irrégulière en la forme", que la demande de levée de l'immunité "a été cachée" par le bureau "pendant quasiment deux mois à l'intéressé", ou encore qu'il n'a pas pu "obtenir une copie du dossier". "Aucune juridiction n'accepterait ça. Je demande que l'Assemblée ne soit pas au-dessus des lois", a-t-il dénoncé, expliquant vouloir "soumettre à un contrôle de légalité le comportement de l'Assemblée nationale".

Bernard Cazeneuve en cause, pour le député RBM-FN. Il a argué aussi que "contrairement à ce qui est indiqué dans l'acte de saisine du bureau", ce ne sont pas des tiers qui ont saisi la plateforme de signalement Pharos, mais Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, "ce qui entache la saisine de faux". Un élément que François de Rugy "ne pouvait ignorer", selon lui, car il était député à l'époque où Bernard Cazeneuve a fait des déclarations en ce sens à l'Assemblée.

En ce qui concerne la plainte, Gilbert Collard a indiqué qu'il réunissait des "éléments complémentaires, notamment des témoignages sur la manière dont s'est déroulée la réunion du bureau". "Je comprends tout à fait qu'on ne nous aime pas. Mais ce qu'on nous fait, on le fera un jour aux autres", a plaidé le député.