Les Républicains veulent enterrer la primaire ouverte

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Les militants de droite, encore échaudés par une présidentielle en chemin de croix et une défaite historique dès le premier tour, ne sont pas forcément opposés au principe de la primaire, à condition que ça se passe en interne.

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Ne leur parlez plus de primaire ouverte ! La consultation des militants Les Républicains se termine vendredi. Pour organiser la refondation du parti, le secrétaire général Bernard Accoyer a fait parvenir, début août, à tous les adhérents, un questionnaire pour leur demander comment ils analysaient la défaite et ce qu'ils attendaient du parti. Et parmi les questions posées : "souhaiteriez-vous que le système de la primaire ouverte soit maintenu pour désigner le candidat de notre famille politique à l'élection présidentielle ?" Avant même le dévoilement des réponses, le verdict semble sans appel chez les adhérents de droite rencontrés par Europe 1.

Un tue-parti. Les militants, traumatisés par l'échec historique à la présidentielle, ne veulent plus entendre parler d'une primaire. Les quatre millions d'électeurs et le triomphe inattendu de François Fillon en novembre ne sont plus qu'un lointain souvenir de la Loire-Atlantique à Lyon, en passant par les Bouches-du-Rhône. "Ça a été, je pense, la plus grosse erreur et c'est ça qui nous a amenés à la défaite en 2017", assure un militant. "Les erreurs, on les fait une fois, elles sont pardonnables. Si on les fait deux fois, on est vraiment stupide", martèle un second. Et un troisième de conclure : "C'est un tue-parti !"

La culture du chef. Pour beaucoup, c'est aux adhérents qu'il revient de choisir le futur candidat. "Si on fait des primaires il faut qu'elles soient fermées, juste avec les militants", explique une jeune femme au micro d'Europe 1. Gérard, militant du Vaucluse, a une autre solution, plus radicale : "Regardez Mélenchon comment il fait : il s'est désigné, et on suit le chef !"

Avoir un plan B. La primaire ouverte n'a plus la cote donc. Monique, de son côté, reproche à ce système de ne rien avoir prévu en cas d'empêchement du candidat. "Je pense que la haute autorité n'a pas été à la hauteur non plus. Ils auraient dû prévoir un décès ou autre chose… Qu'est-ce que 'on aurait fait s'il y avait eu un décès ?" François Fillon, affaibli par les affaires, avait pu rester en course. La droite va donc devoir cogiter pour trouver comment choisir le bon candidat dans cinq ans.