Les recadrages d’Ayrault, de Peillon à Peillon

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Les recadrages d’Ayrault, de Peillon à Peillon
Vincent Peillon et Cécile Duflot, deux ministres "recadrés" par Jean-Marc Ayrault.@ MAXPPP
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Jean-Marc Ayrault a dû sévir plus d’une fois à l’encontre de ses ministres. Europe1.fr s’en souvient.

Le manque d’autorité de Jean-Marc Ayrault est un argument souvent utilisé par la droite. Pourtant, depuis son entrée en fonction, le Premier ministre a souvent tapé du poing sur la table.

Peillon et la semaine de cinq jours, le lundi 17 mai
 Il n’est même pas encore entré en fonction qu’il dégaine déjà sa première réforme : le retour à la semaine de cinq jours en primaire. Un peu trop prématuré pour Jean-Marc Ayrault, qui assure alors qu’il y aura préalablement une "concertation" avec les enseignants et parents d'élèves sur cette question. "Il y aura un arbitrage, je le prendrai, pour que l'objectif principal soit respecté", lance le Premier ministre, comme pour rassurer malgré tout son ministre de l’Education nationale.

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Duflot et le cannabis, le 5 juin
 Pas toujours facile la position d’alliée de la majorité. Favorable à la dépénalisation en tant que patronne des écolos, Cécile Duflot n’a pas changé d’avis en devenant ministre du Logement. Et elle l’assume : "Je sais que ce n'est pas la position du gouvernement mais là, je suis la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts et je dis quelle est notre position (…) Il faut considérer que le cannabis, c'est comme l'alcool et le tabac, même régime : une politique de santé publique et de prévention, notamment vis-à-vis des plus jeunes".

Jean-Marc Ayrault se contente d’un rappel, strict mais ferme : "Le gouvernement n'a rien dit sur ce sujet". François Hollande a également rappelé sa position. "Il n'est pas question qu'il y ait d'autres positions que celles que j'ai présentées aux Français pendant la campagne présidentielle."

Hamon et le traité européen, le 12 octobre
 Ses proches sont contre la ratification du texte. Lui ne s’est pas exprimé. Pourtant, selon les informations recueillies par Europe 1, le Premier ministre, qui a lui-même tout fait pour convaincre les nonistes du PS, a aussi envoyé un message ferme à son ministre délégué à l’Economie sociale. "Si ton suppléant vote contre, tu démissionnes", l’a-t-il menacé. Ledit suppléant, Jean-Philippe Mallé, s’est finalement abstenu.

Une pression qui s’est exercée jusqu’à quelques minutes du vote à l’Assemblée nationale. "S’il manque trois voix, ce sera de ta faute", lui a-t-il fait comprendre en substance. Ceux qui vont voter 'non' prennent une responsabilité énorme. Ça va être difficile de leur pardonner", avait encore prévenu Jean-Marc Ayrault.

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Moscovici et Montebourg sur la banque publique d’investissement, le 30 août
 Le ministre de l’Economie et celui du Redressement productif s’affrontent publiquement à propos du choix de la banque Lazard – dont le patron est Mathieu Pigasse, également patron des Inrocks et donc d’Audrey Pulvar, la compagne d’Arnaud Montebourg - comme conseil du gouvernement dans la création de la future banque publique d'investissement.

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Jean-Marc Ayrault siffle la fin de la récré. "Ça suffit, ça vaut pour tout le monde. (...) Il y a une règle qui a été fixée dès le départ,  c'est que la discussion a lieu au sein du Conseil des ministres (…) Si ça devait continuer, chacun devra prendre ses responsabilités. C'est clair, c'est net."

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Filippetti et Cahuzac sur le financement de France TV, le 24 août
 Comment compenser au mieux le manque à gagner pour France Télévisions lié à la suppression de la publicité après 20 heures ? Le ministre du Budget propose "bien évidemment de rétablir cette publicité tant il est vrai qu'on ne va pas encore créer une taxe de plus". La réponse d’Aurélie Filippetti, en charge de ce dossier en tant que ministre de la Culture, fuse : "Cette proposition n'a pas été retenue par le gouvernement et donc il n'y aura pas de retour de la publicité sur le service public" en soirée. Les deux ministres se détestent cordialement. Jean-Marc Ayrault a pris le parti de Filippetti, déclarant que  ce retour n'est "pas à l'ordre du jour" et invitant ses ministres "à garder leur calme".

Peillon et le cannabis, le 14 et 15 octobre
 Vieux serpent de mer à gauche, la question de la dépénalisation du cannabis revient sur le devant de la scène quand Vincent Peillon déclare que "c'est une question qui se pose sérieusement, de savoir si nous ne pourrions pas lutter contre ces trafics (de cannabis, Ndlr) en organisant par l'État..." Jean-Marc Ayrault, comme il l’avait fait quelques semaines auparavant avec Cécile Duflot, rappelle alors que non "il n'y aura pas de dépénalisation du cannabis". Selon les informations recueillies par Europe 1, François Hollande a lui aussi passé un coup de fil au ministre de l’Education nationale, qui a eu droit à "une engueulade maitrisée".