Les propositions de Sarkozy sur les autoroutes font rire dans son camp

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Les propositions de Sarkozy sur les autoroutes font rire dans son camp
@ NICOLAS TUCAT / AFP
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Le patron des Républicains veut confier à des sociétés privées le contrôle de la vitesse. "Bizarre", juge-t-on dans sa famille politique.

Les propositions de Nicolas Sarkozy sur la sécurité, énoncées mardi dans Le Parisien, ne font pas l'unanimité dans son parti, en particulier celle sur les autoroutes. L'ancien chef de l'Etat estime que les sociétés d'autoroutes pourraient prendre en charge le contrôle de la vitesse à la place des policiers et gendarmes. Et cela n'emballe pas grand monde.

"Bizarre". Sur ce sujet, on entend même parfois quelques rires, comme chez ce sarkozyste qui - sous couvert d'anonymat, bien sûr - se moque d'une proposition "bizarre". "Bizarre", le mot également revient dans la bouche d'un proche d'Alain Juppé. Et chez Bruno Le Maire, on est également contre cette idée. C'est donc bien un carton plein contre lui que réalise Nicolas Sarkozy puisque le député filloniste Serge Grouard tape également sur la proposition en question : "je ne suis pas sûr que cela renforce l'autorité de l'Etat puisqu'au contraire, d'une certaine manière, on dessaisirait l'Etat de cette compétence, qui est une compétence fondamentalement régalienne."

Hervé-Mariton

"Ne pas banaliser les infractions à la sécurité routière". Et l'élu du Loiret d'ajouter : "je pense que beaucoup de Français seraient choqués que des entreprises privées contrôlent les usagers, c'est-à-dire les citoyens français". Même scepticisme du côté d'Hervé Mariton, candidat à la primaire et surtout président du groupe d'étude sur la sécurité routière à l'Assemblée nationale : "Cette proposition n'est pas à la hauteur de l'ensemble du débat. Il faut faire attention de ne pas banaliser les infractions à la sécurité routière", a-t-il estimé au micro d'Europe 1.

En fin stratège, Nicolas Sarkozy a toutefois pris soin de ne pas évoquer le sujet tel quel dans le questionnaire adressé aux militants. La question devient "doit on libérer policiers et gendarmes des contraintes administratives pour qu'ils se concentrent sur leur métier ?" Et là, c'est l'assurance d'une quasi unanimité.