Les politiques français divisés sur la Syrie

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Les politiques français divisés sur la Syrie
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RÉACTIONS - La possibilité d’intervenir militairement en Syrie transcende les clivages.

Avant même la prise de parole de François Hollande, mardi après-midi, la classe politique était divisée. Maintenant que le président a clairement laissé entendre que la France était prête à intervenir militairement en Syrie, les avis divergent toujours autant, et peu importe la couleur politique. L’unanimité qui avait entouré sa décision d’entrer en guerre au Mali n’est plus qu’un lointain (et bon) souvenir pour le chef de l’Etat. Europe1.fr fait le tri entre les va-t-en-guerre et les attentistes.

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>> ILS SONT CONTRE

françois bayrou

© REUTERS

Une partie de la classe politique est hostile à une intervention en Syrie sans le mandat de l’ONU, qui n’a pas fini son enquête sur le terrain pour déterminer si, oui ou non, le régime de Bachar el-Assad a utilisé des armes chimiques contre son peuple. François Bayrou met ainsi en garde contre "les manipulations dans ces guerres civiles".

Le député des Français de l’étranger et ancien ministre UMP Thierry Mariani, interrogé mardi par Europe 1, dit les choses plus clairement encore : "chacun a un mémoire ce qui s’est passé en Irak. On nous a expliqué qu’il y avait des armes de destruction massive et certains pays sont intervenus sans aucun mandat international. Cela nous a donné ce que chacun sait… La France avait su, à l’époque, éviter cette erreur grâce à Jacques Chirac." Un argument repris par Marine Le Pen, pour qui la décision d'intervenir est "précipitée, fondée sur des supputations (...) alors que la lumière n'a pas encore été faite sur les attaques chimiques commises en Syrie". 
Jean-Luc Mélenchon à Saint-Martin d'Hères, près de Grenoble

© MAXPPP

Pour Alain Marsaud, député UMP, "si Obama est un va-t-en guerre, il n’a qu’à y aller et nous montrer ce qu’il sait faire. On a vu les exemples en Afghanistan et en Irak. Je n’ai pas envie que mon pays soit engagé dans un nouveau bourbier." Jean-Luc Mélenchon, pour qui intervenir "serait une erreur gigantesque", accuse lui aussi les Etats-Unis d’instrumentalisation : "nous savons que les Nord-Américains ont l’habitude d’utiliser n’importe quel sorte d’arguments pour justifier une intervention militaire".

>> ILS SONT POUR, MAIS…

François Hollande ne s’attendait certainement pas à recevoir le soutien du patron de l’UMP. Pourtant, invité mercredi matin d’Europe 1, Jean-François Copé a jugé que le discours tenu par le président était "juste sur la forme comme sur le fond". "Ce qui se passe aujourd'hui est inacceptable et insupportable. L'utilisation des armes chimiques, ça relève des crimes contre l'humanité", s'est-il ému. Le député-maire de Meaux recommande néanmoins au président d'être "prudent"."S'il s'agit d'une frappe punitive et ponctuelle face à l'utilisation d'armes chimiques par Bachar-el-Assad, je dis que cela peut avoir du sens mais attention à ne pas aller au-delà d'un certain seuil".



Copé : "Pas une réforme des retraites mais un...par Europe1fr

François Fillon est, pour une fois, sur la même ligne que son meilleur ennemi de l’UMP : oui à une intervention mais à trois conditions : des preuves apportées par l’ONU et non par les Américains, convaincre la Russie de voter une résolution à l'ONU, que la Ligue arabe soit associée à toute décision.

>> ILS SONT POUR

Bernard Kouchner, ancien ministre des Affaires étrangères sous la mandature Sarkozy, a apporté son soutien au président, sur BFM TV : "je pense que nous avons perdu beaucoup de temps et maintenant, c’est encore plus difficile. Mais je suis partisan d’une intervention, oui", a lancé le french doctor.

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© Reuters

Benoist Apparu, proche d’Alain Juppé, estime lui aussi qu’il faut intervenir "pour stopper ces massacres". Hervé Morin, ancien ministre de la Défense, appelle quant à lui à "une intervention aérienne ciblée". Enfin, le Parti socialiste et les ministres interrogés sur le sujet, soutiennent tous le discours musclé de leur patron : "nous soutenons tous ses efforts pour que cette réaction soit à la hauteur de la ligne rouge qui a été franchie dès que les faits seront officiellement établis par l’inspection de l’ONU", a assuré David Assouline, porte-parole du PS.