Les politiques divergent sur la votation suisse

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Les politiques divergent sur la votation suisse
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RÉACTIONS - L’opposition soutient la décision suisse de restreindre son immigration. Pour Fabius en revanche, c’est "une mauvaise nouvelle".

Contexte. Dimanche, les Suisses ont majoritairement répondu "oui" à la question : "êtes-vous contre l’immigration de masse ?" Une prise de position "regrettée" par la Commission européenne dès dimanche soir. Lundi, c’est la classe politique française qui est invitée à commenter la votation helvète. Si à gauche on s'en désole, la droite, elle, est intéressée.

"Les Français voteraient largement pour l’arrêt de l’immigration de masse". Pour Marine Le Pen, invitée lundi matin d’Europe 1, le choix des Helvétiques est évidemment une bonne nouvelle : "les Suisses font preuve de beaucoup de bon sens, et j’aimerais bien qu’on les suive d’ailleurs. S’il y avait en France un référendum sur ce même sujet, les Français voteraient très largement pour l’arrêt de l’immigration de masse", a-t-elle prophétisé, expliquant ensuite que "les Suisses veulent mettre en place la politique des quotas et préserver leur priorité nationale. Ils ne veulent pas que d’autres décident à leur place, c’est aussi simple que ça".



Le Pen : "les Suisses font preuve de beaucoup...par Europe1fr

Est-ce à dire que la présidence du Front national, dans l’hypothèse d’un référendum, demanderait aux Français s’ils souhaitent fermer les frontières ? "Il ne s’agit pas de mettre un mur, mais une porte. On l’ouvre ou on la ferme, selon l’intérêt du peuple. Cela s’appelle la souveraineté", a-t-elle tranché.

Julien Rochedy, président des jeunes du FN, a marché dans les pas de sa patronne, à sa façon, pleine d’ironie :

"Parfaitement naturel" pour Fillon. Marine Le Pen s’est trouvée un allié de circonstances qu'elle ne soupçonnait pas : François Fillon. Invité lundi matin par BFMTV, l’ancien Premier ministre a ainsi jugé "parfaitement naturel" que la Suisse veuille réduire le nombre d'étrangers sur son territoire. L'argument est "non pas la défense de l'emploi", mais "l'intégration", a-t-il toutefois précisé. "Je propose depuis des mois que la France ou l'Europe - les deux peuvent être possibles - adoptent le même système", a rappelé le député de Paris, avant d’expliquer le système en question : il s'agirait de "décider chaque année, en fonction de la capacité d'intégration du pays - son économie, les logements disponibles, la capacité d'accueil des services publics, les écoles, etc. - combien de personnes extérieures on peut accueillir".



 

 

François Fillon se dit "favorable" à l...par BFMTV

"On va revoir nos relations avec la Suisse". Dans les rangs de la majorité, la votation suisse ne rencontre pas du tout le même écho. "C'est un vote préoccupant parce qu'il signifie que la Suisse veut se replier sur elle-même (...) et c'est paradoxal car la Suisse fait 60% de son commerce extérieur avec l'Union européenne", a ainsi souligné Laurent Fabius, lundi matin sur RTL. De son côté, Christian Levrat, du parti socialiste suisse, a indiqué que son parti "avait perdu, et cela fait mal".

En marge d'un déplacement à Florange (Moselle), Manuel Valls a estimé de son côté qu'il s'agit d'un signe préoccupant de "repli sur soi" et une mauvaise nouvelle pour les Suisses eux-mêmes". Pour le ministre français des Affaires étrangères, "c'est une mauvaise nouvelle à mon avis à la fois pour l'Europe et pour les Suisses, parce que la Suisse refermée sur elle-même, ça va les pénaliser", a-t-il poursuivi, en estimant que "la Suisse toute seule ne représente pas une puissance économique considérable". Et de conclure, menaçant : "on va revoir nos relations avec la Suisse".


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