Daniel Cohn-Bendit : les écolos doivent "infléchir la politique environnementale"

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Daniel Cohn-Bendit veut voir l'entrée de trois écologistes au gouvernement de manière "positive".

INTERVIEW

L'entrée d'Emmanuelle Cosse, de Jean-Vincent Placé et de Barbara Pompili au gouvernement est-elle une bonne nouvelle pour les écologistes ? "On verra", a répondu Daniel Cohn-Bendit, vendredi, dans la Matinale d'Europe 1. "Ils ont décidé qu’ils peuvent faire quelque chose, maintenant on verra ce qu’ils peuvent faire." Le confondateur d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), par ailleurs chroniqueur sur Europe 1, "veut être positif".

Un risque pour le gouvernement. Selon lui, l'arrivée de ces trois ministres verts est autant risquée pour eux que pour l'exécutif. "Pour François Hollande et pour Manuel Valls, faire rentrer des écologistes et leur dire 'Mais de toute façon vous ne pouvez rien faire', ce serait contre-productif... Et s’ils ressortent dans deux ou trois mois et démissionnent collectivement, c’est la 'cata' totale. Ce sera la démonstration que c’est un 'enfumage' total."

Daniel Cohn-Bendit estime que les écologistes ont une marge de manœuvre pour influencer la politique de l'exécutif, notamment sur l'après-COP21 et Notre-Dame-des-Landes. "Il faut qu’ils fassent bloc pour infléchir la politique environnementale du gouvernement", insiste l'ancien eurodéputé. 

"Pas de cohérence". Daniel Cohn-Bendit voit dans la nomination des trois écologistes, taxés pour certains d'opportunisme, "des décisions personnelles" et reconnaît qu'il n'y a "pas de cohérence". "Ils y vont individuellement, ils ne représentent pas un mouvement qui n’existe plus.

Emmanuelle Cosse, qui a quitté la tête d'Europe Écologie-Les Verts pour rejoindre le gouvernement, a "trahi" ses "convictions" et "une certaine forme de radicalité", a jugé vendredi David Cormand, son successeur intérimaire à la tête du parti écologiste. Mercredi, dans un communiqué, EELV avait affirmé que "si les conditions n'étaient plus réunies pour faire progresser l'écologie en avril 2014 lors de la sortie de Cécile Duflot et de Pascal Canfin du gouvernement, elles ne le sont pas plus aujourd'hui".

Un référendum pour la Bretagne et les Pays de la Loire. Daniel Cohn-Bendit est satisfait du "référendum local" annoncé jeudi par François Hollande concernant la construction d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ce scrutin devra selon lui s'étendre à l'ensemble des habitants de la Bretagne et des Pays de la Loire, concernés par ce "grand aéroport de l'Ouest". 

"A un moment, il faut prendre une décision. Nous savons que des travaux doivent commencer au mois d'octobre, et bien, d'ici le mois d'octobre, je demande au gouvernement, avec les élus locaux qui partagent cette vision-là, d'organiser un référendum local pour que l'on sache exactement ce que veut la population", a affirmé jeudi François Hollande sur TF1 et France 2.