Les députés surmenés par le rythme des réformes d'Emmanuel Macron

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Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, l'opposition dénonce l'inflation législative, nuisible selon elle à la qualité des débats et des textes adoptés.

Ça ne chôme pas à l'Assemblée nationale. Les députés ont travaillé tout le week-end dernier, et certains y retournent le week-end prochain avec deux projets de loi examinés en ce moment, celui sur l'agriculture et l'alimentation, et le projet de loi Elan sur le logement. Mais ce rythme effréné est loin de convenir à tout le monde dans les couloirs du palais Bourbon.

"On a prévenu que ça allait bouger". "Pour une fois les députés sont tous d'accord : le rythme est stakhanoviste. Olivier Véran, député En marche! de l'Isère refuse pourtant de s'en plaindre. Pour lui, cette situation correspond à la volonté du gouvernement de réformer. J'ai siégé neuf fois jusqu'à une heure du matin ces onze derniers jours", a-t-il compté. "On est là pour ça. On a prévenu pendant la campagne que ça allait bouger", veut-il rappeler.

Un effet de saturation. Pour l'opposition, en présentant une avalanche de textes, le gouvernement tente surtout d'étouffer le débat démocratique. C'est du moins ce qu'affirme Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste. "On a un gouvernement qui, à l'évidence, multiplie les fronts et cherche à créer un effet de saturation qui permette à la majorité de passer en force, sans avoir à souffrir le contrôle de l'opposition ni des Français eux-mêmes. Tout va tellement vite que personne ne sait ce qu'il se passe ici", alerte-t-il.

Des textes rédigés à la va-vite. Le député non-inscrit de Charente-Maritime, Olivier Falorni, s'inquiète de son côté pour la qualité des textes adoptés. "Ce qui me désole, ça n'est pas la fatigue des députés, puisque l'on est payé pour ça. Mais on travaille mal. On crée des lois qui, demain, s’avéreront inefficace ou inapplicable", pointe-t-il. Et ça ne va pas se calmer. L'agenda législatif va être de plus en plus dense avant la suspension de cet été.