Les centristes font monter les enchères avec Nicolas Sarkozy et Alain Juppé

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La possible percée du FN lors de la prochaine élection législative pourrait coûter de nombreux sièges aux députés Les Républicains. Une menace qui sert les ambitions centristes.

Nicolas Sarkozy ouvre les bras aux centristes de l'UDI pour qu’ils participent à la primaire. En échange, ces derniers exigent un accord pour les législatives. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils sont gourmands.

Accord. Les centristes de l’UDI veulent le pouvoir si la droite l’emporte en 2017. Ils veulent véritablement devenir incontournables, c’est-à-dire que la majorité dépende de leur soutien et de leurs votes à l’Assemblée nationale. En conséquence, ils ne sauraient se satisfaire de 29 députés, comme aujourd’hui, mais en réclament entre 70 et 80, soit une véritable minorité de blocage. Si Nicolas Sarkozy veut que la primaire soit une primaire de la droite et du centre et pas de la droite tout court, il lui faut un accord sur les législatives. Pour le moment c’est "non". Et ça risque d’être un "non" définitif parce qu’il sera difficile pour le président LR de négocier un accord législatif avec l’UDI  sans que les autres présidentiables, Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire et consorts n’aient leur mot à dire.

David contre Goliath. 120 députés Les Républicains seraient sous la menace du Front national en 2017. Alors que sur 29 députés centristes, seul 5 ou 6 pourraient tomber devant le FN. Jean-Christophe Lagarde n'a pas grand-chose à perdre donc, mais l'enjeu est autrement plus élevé pour Les Républicains. Si l'UDI vient peser dans l'équation, en présentant un candidat centriste dans les 126 circonscription concernées, la situation pourrait encore se tendre pour LR. Cet argument pèsera, pas forcément avant la primaire, mais il pèsera. Pour preuve, la façon dont Alain Juppé a pris le temps d’écrire une longue lettre de 3 pages à Jean-Christophe Lagarde pour lui promettre une future majorité présidentielle équilibrée. François Fillon a lui aussi a rencontré Jean-Christophe Lagarde pour un échange cordial, constructif dit-on chez les centristes, et ils devraient se reparler. Aucune nouvelle en revanche de Nicolas Sarkozy.

Un candidat UDI à la présidentielle ? Jean-Christophe Lagarde ne l’exclut pas, il l'a confirmé auprès d'Europe 1. Une initiative qui peut faire sourire, puisque la dernière fois, en 2012, Hervé Morin le candidat Nouveau Centre avait jeté l’éponge avant le premier tour. Mais ce qui a changé depuis 2012, c’est la progression spectaculaire du FN, sondage après sondage. Ainsi, la qualification pour le second tour pourrait très bien se jouer à quelques pour-cents. L' UDI peut donc faire chanceler le Goliath Républicain.