Les candidats divisés sur la 6ème République

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A la veille de  la "grande marche" de Jean-Luc Mélenchon pour une 6e République, la plupart des candidats veulent dépoussiérer les institutions. Mais ils ne sont que deux à vouloir en finir avec la Constitution de 1958.

Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon veulent tourner la page de la constitution gaullienne. En finir avec ce que Jean-Luc Mélenchon appelle la monarchie présidentielle, Benoît Hamon ne dit pas autre chose en proclamant qu’il n’est pas "l'homme providentiel". La gauche ne croit plus au président jupitérien, comme l’a d’ailleurs parfaitement illustré François Hollande, le président normal, la droite lui reprochant d’avoir désacralisé la fonction, de ne l’avoir jamais habité. S'il reste un sujet sur lequel le clivage gauche-droite subsiste encore, c'est sur cette question du changement de la constitution. François Fillon, en gaulliste, croit en la vertu protectrice de la 5e. Marine Le Pen ne veut pas non plus en changer, même si l’un et l’autre envisagent des réformes institutionnelles pour dépoussiérer la vieille dame.

Une situation qui appelait un exécutif fort. Des Grecs, jadis, demandaient au sage Solon : "Quelle est la meilleure constitution ?" Il répondait : "Dites-moi d’abord pour quel peuple et à quelle époque ?" La constitution de la 5e république a été pensée à une époque où la 4ème République était au bord de l’éclatement et la France menacée par un coup d’état militaire en Algérie. Une situation qui appelait un exécutif fort. Un Président élu au suffrage universel, irresponsable sur le plan politique, irresponsable sur le plan judiciaire - il dispose du pouvoir de nomination, de dissolution, du droit de grâce… Son pouvoir a encore été renforcé par l’inversion du calendrier électoral de 2002 : avec l’élection présidentielle précédant les élections législatives.

Sujet de fond de la présidentielle. Tout procède du président de la République, le Premier ministre est un collaborateur, le parlement une chambre d’enregistrement. A l’heure où l’on parle de crise démocratique, de renouvellement du personnel politique, d’une meilleure prise en compte des aspirations des citoyens, la question d’un changement de la constitution n’est pas un sujet annexe de la campagne présidentielle. L’efficacité des réformes et du pouvoir, en général, procède directement de sa bonne organisation.