Les attentats de Karachi en 2002, une affaire d'Etat ?

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Les attentats de Karachi en 2002, une affaire d'Etat ?
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Une réponse aux révélations faites jeudi par les avocats des familles de victimes qui ont assuré que l’enquête avait mis au jour une affaire d’Etat.

L’attentat de Karachi, au Pakistan, serait lié "à un arrêt des versements de commissions" de la France au Pakistan dans le cadre de la vente de sous-marins : c’est la version des faits que Me Olivier Morice, l’un des avocats des familles de victimes, a présenté jeudi à l'issue d'une rencontre des juges antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier. Jusqu’alors, la piste al-Qaïda avait été privilégiée pour expliquer cette attaque dans laquelle 11 techniciens de la Direction des constructions navales de Cherbourg en 2002.

Nicolas Sarkozy a jugé cette hypothèse fantaisiste, interrogé sur le sujet en marge du Conseil européen de Bruxelles :

















"Ecoutez, c'est ridicule, franchement c'est ridicule (...) C'est grotesque. Respectons la douleur des victimes. Qui peut croire à une fable pareille ?", a commenté vendredi Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat était, au moment des faits, le ministre du Budget. Il a ensuite été directeur de campagne d'Edouard Balladur en 1995.

Le rapport rédigé par Gérard-Philippe Menayas, ancien directeur financier de la DCNI, filiale commerciale de la Direction des chantiers navals, est, lui, formel.L’accord sur les commissions occultes entre les autorités françaises et pakistanaises aurait été conclu sous le gouvernement Balladur puis il aurait été cassé par un veto de Jacques Chirac après son arrivée au pouvoir en 1995. D’où la thèse d'une action commanditée par des militaires pakistanais qui auraient "instrumentalisé un groupe islamiste". Des représailles qualifiées de "cruellement logique", par Magali Drouet, dont le père est mort dans l’attentat.

Me Morice, son avocat, s’est fait plus accusateur encore : "ces commissions ont été arrêtées à l'arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République en 1995 afin que des rétrocommissions" destinées à financer la campagne d'Edouard Balladur, Premier ministre avant l'arrivée de Jacques Chirac à la présidence, "ne soient pas versées", a-t-il assuré.

De son côté, Edouard Balladur a répondu avoir certes "entendu parler de cette histoire depuis des années" mais souligné que tout, selon ce qu'il savait, s'était déroulé de manière "parfaitement régulière".