Législatives : ces poids lourds de la politique en danger

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Législatives : ces poids lourds de la politique en danger
Manuel Valls est en difficulté dans sa circonscription d'Evry face à la candidate de la France Insoumise.@ AFP
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De Manuel Valls à Benoît Hamon, en passant par NKM ou Cécile Duflot, plusieurs figures de proue de la politique française sont en difficulté dans leur circonscription.

Sur le papier, ce sont eux les favoris : aucun déficit de notoriété et, généralement, un ancrage local qui n'est plus à prouver. Et pourtant. Pour ces élections législatives, qui se caractérisent par la montée en puissance des candidats issus de la société civile, ainsi que par une forte défiance à l'égard des partis et des politiques traditionnels, de nombreux poids-lourds de la politique sont menacés.

Manuel Valls à Évry

Dans son fief d'Évry, la partie est loin d'être gagnée pour Manuel Valls. L'ancien Premier ministre, candidat défait à la primaire de la gauche, n'a pourtant aucun candidat LREM en face de lui. Mais c'est Farida Amrani, candidate pour la France Insoumise, qui lui dispute son siège de député. Les sondages donnent cette syndicaliste de 40 ans au coude-à-coude avec Manuel Valls au premier tour.

Patrick Mennucci à Marseille

Le socialiste Patrick Mennucci est chez lui à Marseille. Mais Jean-Luc Mélenchon, qui s'y est parachuté pour les législatives, espère bien l'en déloger. Le leader de la France Insoumise est arrivé en tête au premier tour de la présidentielle dans cette circonscription. Les sondages le donnent largement en tête, avec 38% des intentions de vote au premier tour, contre seulement 13% pour Patrick Mennucci.


Gilbert Collard dans le Gard

Le député sortant Rassemblement Bleu Marine, Gilbert Collard, affronte dans le Gard l'ex-torera Marie Sara, candidate investie par LREM. Et l'Ifop lui prédit du fil à retordre. En tête au premier tour, le proche du Front national serait en revanche battu au second, qu'il soit en duel contre la candidate pro-Macron ou pris au sein d'une triangulaire dans laquelle s'inviterait le candidat LR.

Nathalie Kosciusko-Morizet dans la 2e circonscription de Paris

Nathalie Kosciusko-Morizet avait pourtant choisi la circonscription de Paris facile. Celle représentée par François Fillon depuis 2012, acquise à la droite, bien plus aisée que la 11e dans laquelle elle devait initialement se présenter. Mais cela ne suffira peut-être pas, puisque les études d'opinion la donnent deuxième au premier tour, à 24% des suffrages, loin du candidat LREM Gilles Le Gendre (42%). Une contre-performance qui s'explique aussi par la présence d'un candidat dissident à droite, Jean-Pierre Lecoq.

Najat Vallaud-Belkacem dans le Rhône

À Villeurbanne, Najat Vallaud-Belkacem a choisi une circonscription de gauche. Mais elle est en difficulté face au candidat LREM Bruno Bonnell. Ce dernier, en dépit d'accusations de fraude fiscale, est crédité de 30% des suffrages au premier tour, contre 19% pour l'ancienne ministre de l'Éducation. Et serait largement vainqueur au second, avec 60% des voix.

Benoît Hamon à Trappes

Le candidat malheureux à la présidentielle risque fort de subir un nouveau revers aux législatives dans sa circonscription des Yvelines, à Trappes, qu'il avait conquise il y a cinq ans. Lors du premier tour de la présidentielle, il y avait obtenu 12,8% des suffrages. Deux fois plus que sa moyenne nationale, mais nettement moins qu'Emmanuel Macron (26,6%) et Jean-Luc Mélenchon (21,7%).

Thierry Mariani à l'étranger

L'ancien ministre des Transports de François Fillon a quasiment déjà perdu dans sa circonscription Asie-Pacifique des Français de l'étranger. Au premier tour, la candidate LREM Anne Genetet a obtenu 52,72% des suffrages, lui seulement 18,28%. Seule une trop faible participation explique la tenue d'un second tour, qui ne devrait pas permettre d'inverser la tendance.

Jean-Christophe Cambadélis dans la 16e circonscription de Paris

Un éléphant face à deux novices. Dans la 16ème circonscription de Paris, Jean-Christophe Cambadélis affronte le secrétaire d’Etat au Numérique Mounir Mahjoubi, 33 ans et jeune figure de La République en marche!, dans un territoire qui a voté pour Emmanuel Macron à 29,92% au premier tour de la présidentielle. Devant lui, il y avait Jean-Luc Mélenchon (30,52%), représenté localement par Sarah Legrain, prof de français de 31 ans. À l’heure du dégagisme, la qualification au second tour n’est pas assurée pour le patron du PS, 66 ans et près de 30 ans de mandats législatifs au compteur.

Cécile Duflot dans la 6e circonscription de Paris

La division à gauche de la 6ème circonscription de Paris sera-t-elle fatale à Cécile Duflot ? Investie par EELV et soutenue par le PS, l’ancienne ministre du Logement espère ne pas rééditer son échec de la primaire écologiste, quand elle avait été éliminée dès le premier tour. Rien ne sera facile : elle fait face à une dissidente socialiste appréciée des militants, Nawel Oumer, mais aussi à Danielle Simonnet, figure de La France insoumise dans une circonscription de l’Est parisien où Jean-Luc Mélenchon a réalisé près de 30% à la présidentielle. Sans oublier Pierre Person, jeune candidat (28 ans) de La République en marche!.