Législatives : ces candidats qui n'ont pas reçu la moindre voix

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Législatives : ces candidats qui n'ont pas reçu la moindre voix
Près d'une centaine de candidats n'a pas récolté le moindre vote lors du premier tour des élections législatives, dimanche.@ JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
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Ils sont près d'une centaine à ne pas avoir récolté le moindre vote lors du premier tour des élections législatives, dimanche. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces résultats.

Personne n'a voté pour eux lors du premier tour des élections législatives. Selon nos calculs, ils sont près d'une centaine dans ce cas, 91 pour être exact, répartis dans 40 des 577 circonscriptions représentées. Ces petits candidats, sans parti pour les soutenir, se sont présentés sans étiquette, les plus souvent rangés dans la catégorie Divers, Extrême droite, Divers droite, Divers gauche, extrême gauche ou écologiste. C'est à Paris que l'on en retrouve le plus grand nombre. Sur les 18 circonscriptions de la capitale, ils sont neuf à ne pas avoir eu le moindre bulletin à leur nom dans l'urne.

Pas de bulletin à leur nom. Mais comment un candidat peut-il se retrouver sans la moindre voix en sa faveur à l'issue du premier tour ? Le plus souvent, c'est qu'il n'y avait tout simplement pas de bulletin à leur nom dans les bureaux de vote. C'est ce qui est arrivé à Michèle Mounier, candidate Divers droite dans l'unique circonscription de la Creuse. "C'est au candidat d'assurer l'approvisionnement des mairies", ont expliqué les services de la préfecture de la Creuse à La Montagne. Or, ces candidats qui ne bénéficient pas du soutien financier d'un parti, n'ont pas toujours les moyens d'imprimer eux-mêmes leurs bulletins pour ensuite approvisionner les bureaux de vote.

Même sans bulletin à leur nom, il est  toujours possible de voter pour ces candidats : "Il aurait fallu imprimer, chez soi, un bulletin à la bonne dimension en utilisant la bonne police." Un effort que Michèle Mounier aurait certainement fait si elle avait pu voter pour elle-même. Seulement, comme de nombreux autres candidats, elle ne vit pas dans la circonscription dans laquelle elle s'est présentée et n'y est donc pas inscrite sur les listes électorales.

Possibilité de voter "sur papier libre". Dans la première circonscription du Nord, pas moins de quatre candidats sur les 25 qui se sont présentés, n'ont pas eu la faveur du moindre électeur. Pourtant, là encore même en l'absence de bulletin, il était tout à fait possible de voter pour eux sans trop de contraintes. "Les présidents de bureaux de vote demandent que soit mise une fiche avec le nom de la personne. Les citoyens ont alors la possibilité, sur papier libre, de porter un suffrage sur ces candidats", a expliqué la mairie de Lille, contactée par Europe1.fr.

Le très grand nombre de choix possibles pour les votants de cette circonscription a sans doute joué en leur défaveur, en raison de la dilution des votes. Mais ce n'est pas la seule explication : "Certains ont clairement énoncé le fait qu'ils ne se présentaient pas pour être élus mais juste pour égayer la campagne, ou la perturber."

"Représenter l'abstention." C'est notamment le cas de Pierre Rodriguez, candidat dans cette circonscription sous l'étiquette Tous pour rire. Son objectif était simplement de représenter l'abstention. "Nous sommes huit candidats sur la circonscription à avoir un objectif commun, qui est de représenter, pas dans les urnes mais dans les médias et sur les panneaux d'affichage, l'abstention", expliquait-il à France 3 Hauts de France. L'abstention justement, a battu un record lors de ce premier tour des législatives. Ce qui explique peut-être aussi qu'il n'ait pas reçu le moindre suffrage.