Le vote sur la CSG réveille l'opposition des Constructifs

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Le vote sur la CSG réveille l'opposition des Constructifs
Le député Constructif Charles de Courson était en première ligne pour lutter contre l'augmentation de la CSG.@ Patrick KOVARIK / AFP
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Le vote de la hausse de CSG à l'Assemblée dans la nuit de mardi à mercredi a suscité de houleux débat. Et provoqué la fronde des députés centristes et issus de LR rassemblés sous la bannière Constructifs.

Les députés LREM s'y attendaient. "C'est lors de l'examen du budget qu'on verra qui sont nos vrais amis", glissaient l'un d'eux il y a quelques semaines. "Les Constructifs ont toujours dit qu'ils étaient opposés à la hausse de la CSG…" L'heure de l'examen du projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS) étant venu, la majorité a vu : les Constructifs n'ont pas changé d'avis. Ceux qui ont dit et répété qu'ils ne signeraient pas de "chèque en blanc" au gouvernement l'ont prouvé, n'hésitant pas à monter au front, mardi, lors de l'examen de l'article 7 du PLFSS, qui porte précisément sur l'augmentation de la contribution sociale généralisée.

"Absolument délirant". Deux d'entre eux, Meyer Habib et Francis Vercamer, ont purement et simplement réclamé la suppression de l'article. "C'est absolument délirant", s'est exclamé le premier, qui représente les Français de l'étranger et parlaient en leur nom. "Comment justifier une si lourde cotisation à un système de protection sociale dont on ne tire aucun bénéfice ? Nous sommes prêts à aider le président de la République, mais à condition d'arrêter avec les rustines et les tours de passe-passe" du quinquennat précédent.

Pour Francis Vercamer, "cet article 7 fait mentir le gouvernement qui annonçait ne pas être à l'origine de l'augmentation des taxes". Et l'élu du Nord de proposer, non sans malice, de donner un coup de main à un exécutif en perdition sur la question. "Nous allons passer un amendement de suppression pour vous aider."

TVA sociale. Les Constructifs ont plaidé pour le remplacement de la hausse de la CSG, "usine à gaz totalement injuste" et probablement inconstitutionnelle, selon Charles de Courson, par une TVA sociale sur les produits importés. Ce qui a eu le don d'agacer le marcheur Olivier Véran, rapporteur général du texte. "Si on devait prélever de la CSG à chaque fois qu'une inexactitude a été prononcée dans cet hémicycle au cours de ces dernières heures, on pourrait tous se payer un bon repas à la buvette ce soir", a-t-il lancé, provoquant les huées des bancs de droite.

Soyez moins arrogant, ça se passera mieux.

L'ancien et le nouveau monde. À deux reprises, les passes d'armes entre LREM et Constructifs ont pris des allures de querelles des Anciens et des Modernes. "Monsieur le rapporteur général, vous êtes tout jeune. Mais soyez très prudent dans l'arrogance intellectuelle", a prévenu Charles de Courson. Et Olivier Véran d'en rajouter une couche en parlant de la TVA sociale si chère aux Constructifs. "La mesure n'a rien de social, elle est même anti-sociale", a-t-il asséné avant de partir dans une métaphore musicale qui lui a permis de clasher "l'ancien monde". "Moi, je garde mon sang-froid. Petit clin d'œil à monsieur de Courson, j'avais 8 ans quand la chanson [Antisocial] a été écrite par Trust. Vous étiez à un quinquennat de votre premier mandat parlementaire."

Charles de Courson a peu goûté la pique. "Soyez moins arrogant, ça se passera mieux", a-t-il répondu lors d'un rappel au règlement pour "fait personnel". "J'ai une très vague expérience d'un certain nombre de choses et la TVA sociale, je la défends depuis 15 ans."

Cela n'a pas suffi à infléchir le gouvernement qui, disposant de la majorité absolue, a adopté la hausse de la CSG dans la nuit. Mais le vote a permis de rappeler que les Constructifs ne sont pas près de se confondre avec les élus de la majorité.