Le tabou de la santé des présidents

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Le tabou de la santé des présidents
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EXCLU - Le journaliste Denis Demonpion confie les révélations de son ouvrage sur la santé des élus.

Les médicaments "non autorisés" de Nicolas Sarkozy, les conséquences de l'hospitalisation de Jacques Chirac et la fin de vie choisie par François Mitterrand... Dans Le dernier tabou, révélations sur la santé des présidents (éd. Pygmalion), les journalistes Denis Demonpion et Laurent Léger font la chronique des mensonges et des faux-semblants des chefs de l'Etat à propos de leur santé.

Dans une interview exclusive accordée dimanche à Europe 1, Denis Demonpion, rédacteur en chef au Nouvel Observateur, détaille ces révélations qui prouvent que, malgré les promesses, aucun président de la Vème République n'a su se montrer transparent en la matière.

Les médicaments "non autorisés" de Sarkozy

Il avait promis qu'il ferait de son médecin une vedette. Pourtant, comme ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy a fait preuve d'opacité concernant sa santé au cours de son quinquennat. Denis Demonpion rappelle ainsi à Europe 1 que "dès l'automne 2007, il a un premier phlegmon, une hospitalisation au Val-de-Grâce et il passe ça sous silence".

Alors qu'il s'était engagé à publier deux bulletins de santé par an, "on ne les a jamais vu venir".

Les deux journalistes révèlent en outre dans leur ouvrage que le chef de l'Etat a recours à des médicaments "non homologués". "Tous ont toujours eu un peu recours à des médicaments énergisants ou à des calmants", tempère cependant Denis Demonpion au micro d'Emmanuel Faux, en confirmant que c'est aussi le cas de Nicolas Sarkozy. "Ils n'ont pas l'autorisation de la Haute autorité de santé pour être en circulation".



Sarkozy prend des médicaments non-autoriséspar Europe1fr

Les séquelles de l'hospitalisation de Jacques Chirac

En septembre 2005, Jacques Chirac est hospitalisé au Val-de-Grâce. Un séjour qui est passé sous silence les premières heures puis minimisé par les proches du Président. Seul "un petit pépin de santé" est évoqué, y compris par le chef de l'Etat à sa sortie.

"Non seulement l'Elysée fait tout pour minimiser l'incident, puisque pendant douze heures, ni le Premier ministre Dominique de Villepin ni le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy ne sont informés, explique Denis Demonpion, mais très curieusement c'est son épouse Bernadette Chirac et sa fille Claude, en charge de sa communication, qui ont pesé au Val-de-Grâce sur les militaires et les médecins pour qu'il y ait le lendemain un communiqué, qui est très lénifiant puisqu'il ne fait état que d'un accident vasculaire mais ne précise pas que le cerveau est touché".

Or, Jacques Chirac est en réalité victime d'un accident vasculaire cérébral. Et "pour un AVC, il y a un gros risque pour la gestion de l'Etat", rappelle Denis Demonpion.

François Mitterrand a désobéi à ses médecins

Beaucoup de choses ont été écrites sur la maladie de François Mitterrand. Dans Le dernier tabou, Laurent Léger et Denis Demonpion livrent trois témoignages de proches du chef de l'Etat qui confient qu'il a décidé du moment auquel il allait mourir. "Ces trois personnes nous ont apporté des témoignages très précis sur la manière dont François Mitterrand avait décidé que ça devait s'arrêter", explique Denis Demonpion.

Les deux auteurs racontent qu'à la fin de sa vie, alors qu'il est encore Président, François Mitterrand décide de désobéir à ses médecins "pour conserver sa lucidité". "Edouard Balladur nous a confié à quel point il avait été héroïque dans l'adversité et dans l'épreuve", raconte Denis Demonpion.



Mitterrand a choisi le moment de sa mortpar Europe1fr

Le Premier ministre joue d'ailleurs à l'époque le rôle de vice-président sans que l'opinion soit informée. "Au moment de la prise d'otages de l'Airbus (en 1994), c'est Edouard Balladur qui gère cette situation dramatique avec le président algérien de bout en bout. François Mitterrand est complètement absent des radars à ce moment-là", explique Denis Demonpion. Un rôle qu'il avait déjà assumé en tant que secrétaire général de la présidence sous Georges Pompidou.

Le cancer des intestins d'Edouard Balladur

Autre révélation de l'ouvrage : le cancer des intestins qu'a affronté Edouard Balladur. Cette maladie intervient alors qu'il est redevenu simple parlementaire. "Il nous a révélé qu'il avait eu un cancer des intestins après ses fonctions importantes", déclare Denis Demonpion. "Puisque j'étais simple député ça n'a intéressé personne", a confié l'ancien Premier ministre à Laurent Léger et Denis Demonpion.



Balladur a affronté un cancerpar Europe1fr