Le Roux : "Tsipras n’est pas irresponsable du tout"

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Le chef de file des députés socialistes invite le gouvernement grec à continuer à discuter avec ses créanciers.

INTERVIEW

Le parlement grec a approuvé dans la nuit de samedi à dimanche le référendum proposé par le gouvernement d'Alexis Tsipras sur la dernière offre d'accord faite par les créanciers (UE, FMI) à la Grèce. Un coup de théâtre. Pour Bruno Le Roux, chef de file des députés socialistes, invité dimanche matin d’Europe 1, "nous ne voulons pas que la Grèce sorte de la zone euro. Et je pense que les Grecs eux-mêmes ne le veulent pas. Les discussions doivent continuer jusqu’au référendum."

"Il ne peut pas y avoir de constat de faillite". Sauf que pour qu’il y ait discussion, il faut que les deux parties aient envie de discuter. Or Alexis Tsipras semble ne plus avoir envie de parler à ses créanciers, et ces derniers ne veulent plus mettre la main à la poche : "cette annonce de référendum ne doit pas donner lieu à un face à face unique entre le peuple grec et les créanciers. Il y a des partenaires européens, notamment la France, qui doivent continuer leurs efforts pour trouver une solution".

tsipras

Interrogé sur le sentiment de lassitude qui semble parfois gagner certains pays européens, Bruno Le Roux assure, lui, que la France "ne lâchera rien. Il ne peut pas y avoir de constat de faillite, ni financière ni politique. Or ce serait le cas s’il y avait un arrêt des discussions et la France ne s’y résoudra pas. Il faut éviter des référendums qui bloquent. Il ne faut pas d’accident majeur…"

"La place de la Grèce est dans la zone euro". Quant à la posture d’Alexis Tsipras, Bruno Le Roux estime que ce dernier n’est "pas irresponsable du tout. Il discute sur la base d’un programme, qu’il a d’ailleurs, depuis plusieurs mois, mis en œuvre avec un certain nombre d’avancées. Ce que je ne souhaite pas, c’est qu’on laisse la Grèce fasse à ses créanciers. C’est ce qu’essaye de faire la France. La place de la Grèce est dans la zone euro".

A-t-il des craintes pour les banques françaises ? "Je pense qu’aujourd’hui, le système français est bien protégé. Mais là, je pense à la Grèce, et à la capacité de solidarité de l’Europe. C’est pour cela que je n’imagine pas le jour après la faillite…"