Le plan d'économies de Manuel Valls voté à une courte majorité

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Le plan d'économies de Manuel Valls voté à une courte majorité
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L'ESSENTIEL - 265 députés ont voté pour le programme de stabilité budgétaire, 232 contre, 67 députés se sont abstenus. Dont 41 socialistes.

# Les dernières infos

• 265 députés ont voté pour le programme de stabilité budgétaire, 232 contre, 67 députés se sont abstenus.

• 41 députés des 291 députés PS se sont abstenus, soit 30 de plus que lors du vote de confiance du 8 avril. Trois chevènementistes, apparentés au groupe PS, ont voté contre.

• Manuel Valls a salué "un acte fondateur" pour la suite du quinquennat


# Les résultats du vote

Le chiffre. Le plan d'économies a été adopté par 265 voix pour, 232 contre et 67 abstentions. Sur les 577 membres de l'Assemblée, cinq députés n'ont pas pris part au vote, six ministres, non encore remplacés par leurs suppléants, n'avaient pas le droit de voter et deux sièges sont vacants à la suite de démissions.

Qui sont les frondeurs au PS ? 41 députés PS se sont finalement abstenus, comme le prouve cette photo postée par Jérôme Guedj sur son compte Twitter. Parmi eux, Henri Emmanuelli, Pascal Cherki, Laurent Baumel, Christian Paul ou encore Jean-Marc Germain. Comme ils l'avaient annoncé, trois chevènementistes, apparentés au groupe PS, ont voté contre. Pour rappel, seuls 11 députés socialistes s'étaient abstenus lors du vote de confiance le 8 avril.

Le vote en détail. Ont voté en faveur du programme de stabilité 242 socialistes, l'UMP Frédéric Lefebvre, trois UDI, trois écologistes, 13 radicaux de gauche et apparentés, deux élus d'Outre-mer alliés du Front de gauche et une non-inscrite, l'ex-PS Sylvie Andrieux. Ont voté contre, les trois chevènementistes du MRC (Mouvement républicain et citoyen), 192 UMP, 7 UDI, 12 écologistes, 12 députés du Front de gauche ou de leurs alliés ultra-marins et six non inscrits, dont les deux députés du FN. Se sont abstenus 41 socialistes, trois UMP, 17 UDI, deux écologistes, deux radicaux de gauche, un élu d'Outre-mer et un non-inscrit, Jean Lassalle (Modem).

# Les réactions

"Un acte fondateur", dit Valls. A l'issue du vote, le Premier ministre a remercié la majorité "pour ce soutien important". "Il était tout à fait essentiel (...) qu'il y ait un vote qui montre que la majorité, au-delà des débats, approuve ce projet", a indiqué Manuel Valls."Moi je reste convaincu que c'est un acte fondateur important, pour la suite du quinquennat du président de la République", a conclu Manuel Valls.







"Une fissure dans la majorité". Le chef de file des députés UMP Christian Jacob a considéré mardi que les 41 abstentionnistes socialistes marquaient "une fissure dans la majorité". "C'est la preuve que cette majorité ne tient plus et que le président de la République est dans l'incapacité à porter des réformes", a-t-il raillé. Le patron des députés PS Bruno Le Roux a lui sermonné gentiment les rebelles. "Ils ont voulu marquer une alerte, qui a bien entendu été prise en compte par le Premier ministre et par moi-même. Mais nous n'avions pas besoin de ce vote, qui aurait pu mettre en danger la majorité de gauche".

# Les précédents

Avec 41 abstentions et 3 voix contre, 44 des 291 députés membres ou apparentés du groupe socialiste ont refusé de voter le programme de stabilité budgétaire. Mauvaise nouvelle pour Manuel Valls : c'est un record. En effet, seulement 11 députés du groupe majoritaire le 8 avril s'étaient abstenus lors du vote de confiance à Manuel Valls. Sur le traité budgétaire européen, en octobre 2012, 9 s'étaient abstenus et 20 avaient voté contre. Sur la loi de sécurisation de l'emploi, en avril 2013, on avait compté 35 abstentions et six contre.

# Les temps forts du discours de Valls

Le style : une anaphore en conclusion. Manuel Valls a donné beaucoup de solennité à ce vote pourtant consultatif, quitte à en dramatiser l'enjeu. "Le résultat du vote de cet après-midi conditionne à la fois la légitimité du gouvernement de la France, sa capacité à gouverner, et, surtout, la crédibilité de la France", a martelé le chef du gouvernement. Le Premier ministre a conclu son discours par une anaphore, répétant à huit reprises "j'assume, oui, j'assume" à l'adresse des députés, sous les applaudissements d'une majorité d'élus socialistes.







L'engagement : ce plan "assurera notre redressement" . "Le plan d'économies qui vous a été présenté assurera notre redressement", a martelé Manuel Valls. Avant de faire part de ses "convictions". "J'ai deux convictions : la première, c'est qu'il est calibré pour assurer le redressement de notre économie. Ma seconde conviction, c'est qu'il est juste parce qu'il tient compte du dialogue nourri, fructueux, que j'ai eu avec les groupes de la majorité", a affirmé le Premier ministre. Manuel Valls avait annoncé lundi plusieurs mesures d'assouplissement de son plan de rigueur, qui concernent les minima sociaux, les petites retraites, la revalorisation du RSA et la hausse des salaires des fonctionnaires les moins bien rémunérés.

L'enjeu : un "vote décisif". Peu après 16h,  Manuel Valls est monté à la tribune de l'Assemblée pour présenter son plan de 50 milliards d'économies. Comme il l'avait déjà dit aux députés socialistes mardi matin, le Premier ministre a de nouveau affirmé  qu'il faisait du vote d'aujourd'hui "un vote décisif" et pas un "vote indicatif". "Ce vote est un moment de vérité. Il marquera profondément l'évolution de notre pays", a fait valoir le Premier ministre. "Ce moment nous invite tous au dépassement de nous-mêmes", a-t-il ajouté.

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