Le maire de Clamart accuse Courroye

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Le maire de Clamart accuse Courroye
@ Maxppp
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Cible d'une enquête ouverte pour corruption, l'élu PS parle de "manipulation".

Philippe Kaltenbach "se dit victime d'une manipulation". Accusé d'avoir attribué un logement social moyennant finances, le sénateur-maire PS de Clamart, dans les Hauts-de-Seine, a pointé du doigt à son tour vendredi "un jeu trouble" du procureur Philippe Courroye.

"Je suis victime d'une manipulation montée de toutes pièces par un élu UMP, Monsieur Pemezec (maire du Plessis-Robinson, ndlr) et Monsieur Courroye, procureur de la République, semble jouer un jeu trouble", a affirmé l'élu socialiste lors d'une conférence de presse dans sa mairie.

Une enquête pour corruption ouverte

Une enquête préliminaire pour corruption a été ouverte au printemps dernier par le procureur de Nanterre, Philippe Courroye. Le magistrat avait été saisi par Philippe Pemezec, maire UMP de la ville voisine du Plessis-Robinson, qui entretient des relations conflictuelles avec Philippe Kaltenbach. Le procureur de Nanterre a souhaité ne faire "aucun commentaire" concernant ces accusations.

Tout est parti d'une vidéo réalisée à l'insu de Philippe Kaltenbach par un de ses anciens adjoints. Révélée par Le Figaro jeudi et mise en ligne sur les réseaux de partage de vidéos, elle montre le sénateur-maire recevoir 1.000 euros en liquide de l'ex-adjoint dans son bureau. Pendant la remise de fonds, Philippe Kaltenbach et son interlocuteur discutent de ce qui semble être l'attribution d'un logement à un tiers. Rien ne permet cependant d'établir formellement un lien entre cet échange d'argent liquide et cette conversation.

Le procureur Philippe Courroye a expliqué que des "vérifications techniques sont actuellement en cours" sur la vidéo pour la "décrypter" et déterminer son "authenticité" ou si elle a, au contraire, été "maquillée". "Cette vidéo a été récupérée à la suite de sa mise en ligne (mercredi)", a précisé le procureur, ajoutant que l'enquête se déroule "normalement".

Deux vidéos qui accusent

Philippe Kaltenbach, lui, affirme que l'homme ne fait que lui rendre une somme qu'il lui avait prêtée lors de la "crise de 2008". L'ancien adjoint "a connu de gros problèmes financiers, que sa petite entreprise de travaux publics a coulé, je lui ai prêté de l'argent, dans les 10.000 euros. Ce soir-là, il m'en a rendu une partie", s'est défendu jeudi le maire de Clamart dans Le Parisien.

Dans une nouvelle vidéo, mise en ligne jeudi soir sur le site internet du Figaro, le sénateur maire Kaltenbach, l'un de ses collaborateurs et l'ancien maire-adjoint évoquent l'attribution d'un logement qui semblerait être au bénéfice d'un proche de ce dernier. "Il s’agit d’une mise en scène grossière et grotesque réalisée à partir de vidéos manipulées. J’ai d’ailleurs demandé à mon avocat d’attaquer les sites qui diffusent ces vidéos scandaleuses et j’ai demandé une expertise technique de ces bandes", a réagi Philippe Kaltenbach dans le communiqué.

Philippe Pemezec à l'origine de la dénonciation des faire au parquet de Nanterre a justifié sa démarche sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale: "Lorsqu'un élu de la République a connaissance de faits qui peuvent apparaître délictueux, il est de son devoir d'en informer le procureur. C'est ce que j'ai fait. Si ces faits sont avérés, ils sont d'une gravité extrême", a conclu Philippe Pemezec.