"Le gouvernement veut dissocier la loi El Khomri et les conditions de vie des étudiants"

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Antonin André, chef du service politique d'Europe 1, analyse les enjeux des rencontres entre les organisations étudiantes et le gouvernement, prévues cette semaine. 

C'est une semaine charnière pour le gouvernement. Alors que deux nouvelles manifestations sont prévues contre la loi Travail, mardi et samedi, les étudiants seront reçus par les ministres de l'Education et du Travail, puis par Manuel Valls, vendredi. Le but, selon Antonin André, chef du service politique d'Europe 1 : "dissocier la loi El Khomri et les conditions de vie des étudiants", pour dégonfler la mobilisation.

"La marche est trop haute pour le gouvernement". "Ils vont discuter de la vie des étudiants, de l'accès à la formation, mais pas de la loi El Khomri en elle-même et surtout pas de son retrait", estime Antonin André. Cette stratégie de dissociation peut-elle fonctionner ? Les revendications de l'Union nationale des étudiants de France (Unef), comme la mise en place d'une allocation pour aider tous les jeunes diplômés à trouver un emploi ou la rémunération des stagiaires au Smic, impliquent des choix budgétaires très lourds. "On parle de centaines de millions d'euros", rappelle Antonin André. "La marche est trop haute pour le gouvernement."

Une loi devenue symbole de la contestation politique. L'opération de démobilisation s'annonce d'autant plus compliquée qu'une majorité de Français soutient la grogne contre la loi Travail. Ils étaient 51% à réclamer le retrait du texte, selon un sondage publié dimanche. "Même édulcorée, quasiment vidée de tout assouplissement significatif, la loi El Khomri est devenue le symbole de la contestation politique, qui entrave un gouvernement impopulaire, sans majorité", conclut Antonin André.