Le FN veut récupérer Jeanne d’Arc

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Le FN veut récupérer Jeanne d’Arc
Jean-Marie Le Pen a été chargé de récupérer le symbole de Jeanne d'Arc pour le Front national.@ REUTERS
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Jean-Marie Le Pen a voulu samedi reconquérir le symbole national disputé par Nicolas Sarkozy.

Vendredi à Domrémy, Nicolas Sarkozy a célébré le 600e anniversaire de Jeanne d’Arc, dans le village natal de "La Pucelle d’Orléans". Ce symbole national avait été préempté depuis longtemps par le Front national qui en avait fait son égérie, notamment lors de son rendez-vous traditionnel du 1er-Mai. Alors, vexé par l’initiative présidentielle, le Front national avait organisé un rassemblement samedi devant la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides à Paris.

Et la riposte avait été confiée à Jean-Marie Le Pen. Et si la manifestation, forte d’une grosse centaine de militants, n’avait rien à voir avec le grand rassemblement du printemps, l’ancien président du FN n’en a pas moins répliqué avec fermeté à la phrase de Nicolas Sarkozy selon laquelle il ne faut "pas laisser cette figure historique entre les mains de ceux qui veulent s’en servir pour diviser."

Accusations d’électoralisme

"Nous n’acceptons pas en tous cas les procès d’intention directs ou indirects faits au Front national d’avoir accaparé l’image de Jeanne d’Arc", a lancé Jean-Marie Le Pen sous une pluie fine. "Certes, Jeanne d’Arc n’apparient, comme dit l’autre, à aucun parti, aucun groupe, aucun clan. Elle appartient, comme nous l’avons  toujours dit, à la France et aux Français. Et le président de la République serait plus crédible dans son discours s’il n’avait marqué son estime à Jeanne que dans la période électorale présente."

Ces accusations d’électoralisme ont bien évidemment été saluées par les militants. De son côté, Marine Le Pen, la candidate à la présidentielle, n’a pas fait de discours. Elle s’est contentée de déposer une gerbe au pied de la statue et de souligner que l’initiative de l’Elysée manquait de cœur. Car si le FN est ravi que Jeanne d’Arc fasse irruption dans le jeu politique, ses leaders estiment que cette chef de guerre, comme ils l’appellent, n’a rien de commun avec un Nicolas Sarkozy qu’ils accusent tout simplement de brader la souveraineté de la France.