Le FN moque le revirement de Fillon

  • A
  • A
Le FN moque le revirement de Fillon
@ MaxPPP
Partagez sur :

RÉACTIONS - Pour Marine Le Pen, le changement de stratégie du député de Paris n’est qu’une manœuvre politicienne.

Le contexte. Non, la langue de François Fillon n’a pas fourché. Dimanche dernier, l’ancien Premier ministre surprenait son monde en assurant, sur Europe 1, qu’il pourrait voter pour un candidat frontiste si celui-ci est "moins sectaire" que son adversaire socialiste. Vendredi, il a maintenu et explicité sa position, assurant qu'il ne voulait "plus entendre parler" de "ni-ni", ni "de front républicain". Ce qui fait sourire dans les rangs du FN.

>> VOIR NOTRE CARTE : Ces communes où le FN pourrait l'emporter en 2014

"Le FN aura des centaines d’élus".Alors que s’ouvre ce week-end l’université de son parti, à Marseille, Marine Le Pen ne peut que se féliciter de voir que le FN monopolise l’attention médiatique, à coup de sondages prometteurs pour les élections municipales de 2014. La sortie de Fillon ne fait que confirmer que le parti d’extrême-droite est actuellement au centre du jeu. "Le FN aura des centaines d’élus", assure Marine Le Pen dans un entretien au Figaro, samedi.

louis aliot maxppp 930620

© MAXPPP

Pas question de s’enflammer en revanche sur le revirement de François Fillon. "Le positionnement exprimé par Fillon est pour le moins tout à fait nouveau", estime la patronne du FN dans Le Figaro, avant de manier l’ironie sur i>Télé : "je l'ai entendu pendant de nombreuses années tenir un discours radicalement différent. Il fait de la course automobile, on appelle ça un tête à queue". Pour elle, le changement de stratégie du député de Paris n’est qu’une manœuvre politicienne. "Il est dans une tactique interne de combat avec Copé, ça m'intéresse assez peu", a jugé la numéro un frontiste. Louis Aliot (photo), vice-président du Front national, a lui aussi jugé, samedi matin sur Europe 1, que François Fillon "joue sa partition en interne dans la compétition qu’il a lancée avec Jean-François Copé. C’est un jeu de mots, une posture. C’est de la communication." Gilbert Collard, un des deux députés FN, ne dit pas autre chose, mais dans un langage qui lui est propre : "ces danseurs de tango nous amusent avec leurs petits pieds aux souliers vernis qu'ils glissent, comme un grivois, sous la table. (...) En tout cas, nous, on prend notre pied, je peux vous le dire", a-t-il affirmé en marge de l'Université d'été du FN.

Outre la bataille d’égos entre Copé et Fillon, les deux dirigeants du FN estiment que l’ancien Premier ministre, en changeant son fusil d’épaule par rapport à eux, répond à une droitisation de l’électorat. Et se positionne donc ainsi en vue des prochaines élections nationales. "Ses propos traduisent une pression forte de la base de l’UMP. Fillon est-il pour autant sincère ?", s’interroge Marine Le Pen. Son compagnon estime quant à lui que l’ancien Premier ministre "est poussé par sa base, qui ne comprend toujours pas l’anathème que continue de lancer l’UMP à Marine Le Pen."

>> A LIRE AUSSI : Fillon et le FN, une opposition à géométrie variable

Et qu’en pensent les Français ? A écouter Marine Le Pen et Louis Aliot, c’est donc pour se rapprocher des aspirations des Français que François Fillon a fait évoluer sa doctrine. Deux sondages parus samedi donnent du poids à cette théorie. Selon une enquête Ifop pour Atlantico, 49% des sympathisants UMP souhaitent en effet que leur parti passe des accords électoraux avec le Front national aux élections locales, soit 2% de plus qu'en mai. Un autre sondage BVA pour I-télé assure que 70% des sympathisants de droite approuvent le revirement de François Fillon., dont 72% des sympathisants UMP. "Les militants de l’UMP trancheront cette question à l’avenir", se félicite déjà Louis Aliot.