Laurent Berger : "Chacun montre ses muscles et on ne parle plus de la loi"

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Laurent Berger, le secrétaire national de la CFDT, a une nouvelle fois regretté l'impasse dans laquelle semblent se diriger le gouvernement et la CGT dans le débat sur la loi Travail.

INTERVIEW

"J'ai dit à Manuel Valls qu'il fallait donner un peu de sens à tout ça". Samedi, comme aux autres leaders syndicaux, le Premier ministre a téléphoné à Laurent Berger, le secrétaire national de la CFDT. Alors que le mouvement de contestation de la loi Travail se durcit dans certains corps de métiers, une sortie de crise est plus que jamais attendue.

Trop tard pour la pédagogie ? "Chacun montre ses muscles et on ne parle plus du contenu, de ce que la loi Travail va apporter aux gens", a déploré Laurent Berger sur Europe 1, lundi matin. "Personne ne parle de la garantie jeune ou de la lutte contre le harcèlement sexuel et les propos sexistes au travail", a-t-il regretté. Mais est-il trop tard pour la pédagogie ? Le chef de file de la CFDT a une nouvelle fois montré du doigt la responsabilité de la CGT. "Quand il fallait discuter, la CGT n'était pas là. Il n'y a pas eu de propositions. La CFDT en a fait", a soutenu Laurent Berger. Il estime que "le texte est satisfaisant parce qu’il répond à des équilibres", y compris concernant l'article 2, vecteur de crispation chez les syndicats.

>> Projet de loi El Khomri : ce qu'il pourrait changer pour les salariés, à lire ici.

Cet article 2 - qui prévoit de faire primer les accords d'entreprises sur les accords de branches - ne doit pas être supprimé, selon la CFDT. "Si le gouvernement le retirait, la CFDT exprimerait un fort mécontentement", a prévenu le dirigeant syndical. 

"Pas bon pour le syndicalisme". Laurent Berger a par ailleurs appelé à la responsabilité. "Dans certaines raffineries, des militants de la CFDT nous rapportent qu'il n'y a plus forcément de majorité pour bloquer la production", a-t-il accusé. Pour le leader syndical, "il y a en ce moment une forme de radicalité de l'action syndicale. Ce n'est pas bon pour le syndicalisme. Ce n'est pas l'image du syndicalisme du 21e siècle".