L'Assemblée approuve largement les recettes du premier budget Macron et se plonge dans la Sécu

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L'Assemblée approuve largement les recettes du premier budget Macron et se plonge dans la Sécu
Pour cette première lecture, 365 députés ont voté pour, 172 contre et 24 se sont abstenus.@ PATRICK KOVARIK / AFP
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Ce texte porteur de mesures emblématiques, comme la transformation de l'ISF en impôt sur la seule fortune immobilière (IFI) ou la fin progressive de la taxe d'habitation pour 80% des ménages.

L'Assemblée nationale a largement approuvé mardi le volet "recettes" du premier budget du quinquennat Macron, avant le démarrage des débats sur le financement de la Sécu, la majorité restant confrontée à l'accusation d'offrir des "cadeaux aux riches". Pour cette première lecture, 365 députés ont voté pour, 172 contre et 24 se sont abstenus sur ce texte porteur de mesures emblématiques, comme la transformation de l'ISF en impôt sur la seule fortune immobilière (IFI) ou la fin progressive de la taxe d'habitation pour 80% des ménages.

Un budget de "transformation". Lors des débats passionnés toute la semaine dernière, les ministres des Finances Bruno Le Maire et des Comptes Publics Gérald Darmanin (issus de LR) ont défendu un budget de "transformation" mais aussi la volonté d'ancrer la France sous les 3% de déficit pour retrouver de "la crédibilité" en Europe. L'exécutif prévoit ainsi un déficit de 2,6% en 2018 et un quasi-retour à l'équilibre en 2022, selon la loi de programmation jusque 2022, également approuvée mardi.

La mue de l'ISF, "un bouclier du capital". Avec l'instauration d'un prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les revenus du capital, la mue de l'ISF, défendue comme une incitation aux investissements dans l'économie productive, a cristallisé le plus d'oppositions. Olivier Faure (PS) a dénoncé "un chèque en blanc sans obligation imposée aux grands gagnants de ce loto fiscal". Pour Eric Coquerel (LFI), "ce budget est le plus inégalitaire de la Ve République", avec "un bouclier du capital".

"Une deuxième lame" dans la santé. Sitôt après le vote, l'Assemblée a plongé dans le budget de la Sécurité sociale, qui doit ramener, au prix d'économies dans la santé, le déficit de la Sécu à 2,2 milliards d'euros l'année prochaine, niveau inédit depuis 17 ans. Le texte, défendu par la ministre de la Santé et médecin Agnès Buzyn mais aussi Gérald Darmanin, mêle "responsabilité", "solidarité" et "pouvoir d'achat", martèle la majorité. La gauche dénonce "une deuxième lame" aux dépens des moins aisés, comme avec la hausse du forfait hospitalier, et une "injustice", notamment pour les retraités, avec la hausse de la CSG de 1,7 point devant compenser la suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du privé. 

LR, dont les motions de rejet et renvoi ont été rejetées mais soutenues par tout ou partie de la gauche, a fustigé un manque de réformes structurelles, les mesures touchant aux familles ou la hausse de CSG pour les retraités. Satisfait globalement du PLFSS, le MoDem souhaite néanmoins des évolutions sur ces seuils et sur les compensations. "Pour 40% des agriculteurs, la hausse de CSG ne serait pas compensée?", a ainsi lancé Nathalie Elimas. Ces centristes, "inquiets", veulent aussi défendre la politique familiale, a réaffirmé Sarah El Haïry. Vaccins, tabac ou sodas augurent d'autres échanges vifs jusqu'à vendredi, voire lundi, pour boucler quelque 1.200 amendements.