Primaire à gauche : le PS fait un (petit) pas

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Primaire à gauche : le PS fait un (petit) pas
@ AFP
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Un mois après l’appel à la primaire dans Libération, le parti socialiste s’est joint aux partis de gauche pour la première fois jeudi matin. Une avancée même si tout reste encore à faire.

"Ça a eu lieu". Le frondeur socialiste Jérôme Guedj affichait sa satisfaction à la sortie de la réunion du comité d’organisation de "la primaire des gauches" jeudi matin à l’Assemblée nationale. Une première rencontre s’était tenue la semaine dernière mais sans la participation du Parti socialiste. Cette fois-ci, le PS a envoyé deux de ses représentants. Mais l’organisation d’une véritable primaire à gauche reste encore soumise à de nombreuses interrogations. Et ça tombe bien parce que le comité a prévu de se réunir toutes les semaines.

Une première étape saluée. EELV a notamment envoyé Marine Tondelier à cette réunion qui a duré toute la matinée. L’élue d’Hénin Beaumont voit "d’un très bon œil que le PS ait franchi le Rubicon et qu’il ne soit plus représenté seulement par les frondeurs". "Même si cela ne veut pas dire que tout est réglé", s’empresse-t-elle d’ajouter à Europe 1. "La dynamique prend, le fait que le PS y participe est une bonne chose", abonde Jérôme Guedj, membre du bureau national du PS.

Du côté de Solférino justement, officiellement un maître-mot : la bienveillance. "On a rencontré les organisations de l’appel de Libé la semaine dernière et on leur a dit que l’on était bienveillant par rapport à ça", explique à Europe 1 Christophe Borgel le monsieur Election du PS, présent à la réunion de jeudi. "Ça s’est passé de façon cordiale", raconte-t-il.

Un petit bémol. Une fausse note est néanmoins venue se glisser au cours de cette réunion. Christophe Borgel a relaté l’épisode dans un tweet plutôt assassin. Olivier Dartigolles, le porte-parole du PCF a ainsi expliqué que "le socle de la primaire doit être en rupture avec l’action depuis 2012". De quoi faire bondir le secrétaire national du PS, pour qui la participation du parti socialiste à une primaire se résume en deux mots : une primaire non exclusive. En clair, la primaire doit être ouverte à tous sans conditions et que le meilleur gagne.



Le long chemin à parcourir. Et c’est là que ça se complique car si la participation du PS à ce comité est saluée, tout reste encore à discuter : le calendrier, le socle commun, les modalités de la participation… Sur le calendrier, par exemple, toutes les options sont sur la table confie Jérôme Guedj : "avant la primaire des Républicains en novembre, quasiment en même temps ou plus tard début janvier".

La participation des partis n’est même pas encore arrêtée. Ainsi, rappelle Marine Tondelier d’EELV : "nous avons encore des débats, certains ne voulant pas y aller puisque Mélenchon a dit qu’il n’y participerait pas. Il va falloir convaincre notre parti comme les autres". De son côté, Christophe Borgel prévient : "nous on est bienveillant, la balle n’est pas dans notre camp. J’ai conscience que la gauche, ce n’est pas forcément nous alors que ce n’est pas le cas de certains… ". De quoi donner du grain à moudre pour les réunions hebdomadaires qui s’annoncent.