La petite idée d'Hollande pour remplacer Morelle

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L’INFO POLITIQUE - Le président compte remplacer son ancien conseiller par... deux personnes.

L’INFO. Depuis la démission d’Aquilino Morelle, vendredi dernier, le grand bureau près de celui de François Hollande, au premier étage de l’Elysée, est désormais vide. Le président de la République n’a plus de conseiller politique, mais, selon les informations d’Antonin André, du service politique d’Europe 1, cela ne devrait pas durer. 

Deux hommes pour le prix d’un. Le chef de l’Etat et le secrétaire général de l’Elysée, Jean-Pierre Jouyet, ont déjà amorcé la succession, car l’objectif est de ne pas faire traîner l’affaire et de boucler ce recrutement d’ici la fin du mois d’avril. De la  même manière que la branche Aquilino Morelle a été sectionnée très vite, le président veut inscrire son remplacement dans le mouvement du remaniement qu’il a initié au PS, au gouvernement et à l’Elysée.  Et selon les informations d’Europe 1, Aquilino Morelle ne sera pas remplacé par une personne mais par deux. L’idée est de scinder d’un côté la fonction de conseiller politique et de l’autre celle de la communication.

"Hollande n’a pas besoin de conseiller politique, il se conseille tout seul". Concernant le premier poste à pourvoir, le président a déjà établi sa "short list", et le profil qu’il a défini lui-même, c’est un peu l’anti-Aquilino Morelle. En premier lieu, ce sera un  politique qui a déjà été élu, alors que son ancien conseiller ne l’a jamais été, qui connaît le Parti socialiste et les parlementaires - ce qui n’était pas le cas d’Aquilino Morelle. Son futur remplaçant ne sera pas une "simple" éminence grise, il aura un rôle opérationnel, notamment d’assurer les liens avec les élus, les députés et le PS. "François Hollande n’a pas besoin de conseiller politique, il se conseille tout seul", explique un de ses proches.

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Pour le second poste celui du communicant, le casting est moins avancé, mais il existe toutefois une certitude : aucun profil ne colle dans la maison. Pas franchement une bonne nouvelle pour Claude Sérillon, toujours conseiller du Président, mais actuellement sans fonction réelle après avoir refusé de prendre en charge de la communication Web de l'Élysée, et qui espérait bien rafler la mise…

Hollande pas tendre avec Morelle. Ce double recrutement, c’est aussi, un peu, une forme d’autocritique. Car le président de la République veut, ni plus ni moins, faire l’inverse de ce qu’il a mis en place il y a deux ans. Autocritique, certes, mais cela n’empêche pas François Hollande d’être virulent à propos d’Aquilino Morelle. "Le président veut, pour le remplacer, des pros, qui soient plus proches de lui", assure ainsi un intime du chef de l’Etat. En creux, on comprend donc que l’ancienne plume n’était ni professionnel ni proche de François Hollande. Cinglant.

Et le président ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. La révolution de palais ne fait que commencer. Jean-Pierre Jouyet a en effet reçu des instructions émanant directement du chef de l’Etat. Le nouveau secrétaire général de l’Elysée a jusqu’à l’été pour, si nécessaire,  changer des têtes et  réorganiser l’Elysée. L’objectif qui lui a été assigné : constituer  une équipe resserrée, plus politique et plus proche de François Hollande. Une équipe qui arrête de se tirer dans les pattes et qui sera capable de partir à la reconquête de l'opinion.

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