La nouvelle vie des ex-ministres Sarkozy

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La nouvelle vie des ex-ministres Sarkozy
Quelle reconversion pour les anciens membres du gouvernement Fillon ?@ Reuters
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Retour à l'Assemblée pour les uns, carrière dans le privé pour les autres...à chacun sa reconversion.

Pour certains d'entre eux, la vie de ministre a duré cinq ans. D'autres sont arrivés en cours de route, mais pour tous la victoire de la gauche le 6 mai dernier a porté un coup d'arrêt à leur engagement au sommet de l'Etat. Qu'ils aient quitté leur ministère en scooter ou snober la passation de pouvoirs, les anciens membres du gouvernement Fillon ont déjà réfléchi à leur reconversion.

# Le tiercé de Fillon

Nicolas Sarkozy en avait fait "un collaborateur". Après cinq ans passés à Matignon - un record-, François Fillon aurait pu ralentir la cadence. Il n'en est rien. Bien au contraire. La candidature de l'ancien Premier ministre dans 2e circonscription de la capitale pour les législatives est acquise depuis des mois. N'en déplaise à Rachida Dati, qui a dû se résigner à jeter l'éponge.

Mais le Sarthois n'est pas homme à se satisfaire d'un seul mandat de député. Egalement dans le viseur de François Fillon : la Mairie de Paris et la tête de l'UMP. "Depuis le départ de Nicolas Sarkozy, il n’y a plus, à l’UMP, de leader naturel. Donc, il y aura une compétition", explique-t-il dans une interview au Figaro Magazine mercredi. François Fillon ne pouvait être plus limpide. Jean-François Copé sait désormais à quoi s'en tenir.

# Retour case "Palais Bourbon"

Pour eux la vie ministérielle s'est arrêtée, mais ils sont déjà prêts à endosser le rôle d'opposant à l'Assemblée nationale. Le Palais Bourbon ne les accueillera toutefois peut-être pas tous en son sein.

Il y a ceux pour qui les choses se présentent bien. C'est le cas de Valérie Pécresse et David Douillet dans les Yvelines ou de Claude Guéant (il obtiendrait 41% des voix au 1er tour malgré la dissidence UMP de Thierry Solère) et Patrick Ollier dans les Hauts-de-Seine. Laurent Wauquiez aura peut-être un peu plus de mal en Haute-Loire. Dans la circonscription où l'ex-ministre de l’Enseignement supérieur se présente, Nicolas Sarkozy a fait 50,18% au second tour de la présidentielle. Nadine Morano part, quant à elle, favorite en Meurthe-et-Moselle. L'ex-ministre est cependant menacée par une possible triangulaire au second tour avec le Front national.

Pour d'autres, le bon score de François Hollande dans la circonscription qu'ils convoitent  pourrait leur barrer la route. C'est le cas de l'ex-porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kociusko-Morizet dans l’Essonne. Xavier Bertrand est dans le même cas de figure dans l'Aisne, avec une difficulté supplémentaire : Marine Le Pen est arrivée en tête au premier tour de la présidentielle dans ce département.

# Le "semi-exil"

L'un brigue la députation des Français de l'étranger en Asie-Océanie, l'autre va tenter de remporter l' Amérique. Dans les deux cas, Thierry Mariani et Frédéric Lefebvre ont choisi des circonscriptions favorables à la droite. Mais qu'importe les deux ministres multiplient les déplacements. D'autant que l'ex-ministre du Tourisme devra notamment faire face à la dissidence de Julien Balkany, demi-frère du maire de Levallois-Perret.

Marie-Anne Montchamp, l’ex-secrétaire d’Etat aux solidarités sera, elle, candidate UMP pour le Benelux (regroupant la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas). "J’y travaille déjà depuis dix-huit mois, je me suis installée à Bruxelles et je suis entourée d’une équipe UMP très soudée", confie-t-elle.

# Dans les jardins du Luxembourg

Le premier a connu la Défense. Le deuxième la Coopération. Gérard Longuet et Henri de Raincourt vont tous les deux récupérer leur mandat de sénateurs au Palais du Luxembourg.

Ils ont un mois à partir de la démission du gouvernement Fillon pour retrouver leur siège au Sénat.

# De la littérature

Il a jeté l'éponge pour les législatives mais son ambition pour l'UMP n'est plus un secret. Pour l'heure, Alain Juppé va s'atteler à l'écriture.

"Je vais avoir enfin le temps d'accomplir d'autres activités comme écrire mon Dictionnaire amoureux de Bordeaux, que mon éditeur attend depuis des mois", se félicite mercredi l’ancien ministre des Affaires étrangères dans une interview à Sud Ouest.

# Il bascule dans le privé

Il s'était auto-éjecté de Twitter au lendemain de la victoire de François Hollande et troqué la cérémonie de passation de pouvoirs pour un voyage en Floride (il devait "assister au mariage d'un très bon ami aux Etats-Unis"). Eric Besson n'a pas tardé à trouver sa reconversion.

L'ancien ministre de l'Industrie, qui avait exprimé son désir de quitter la politique pour le privé a créé sa société de conseil, dont il a déposé les statuts le 7 mai, au lendemain de la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, révèle Paris Match mercredi. Eric Besson n'exclut pas cependant une "activité annexe", probablement dans le monde du football.

# Ils gardent le mystère

Roselyne Bachelot souhaite passer à autre chose. La députée du Maine-et-Loire et ex-ministre de la Solidarité ne se représente donc pas, peu prolixe sur sa reconversion. Tout juste confie-t-elle vouloir "reprendre ses engagements associatifs". Roselyne Bachelot, qui a publié un livre le 17 mai dernier, assure être "aux cotés de François Fillon et Jean-François Copé" pour mener la batille des législatives.  Pour l'instant, l'ex-ministre a revêtu le costume de "pom pom girls" pour soutenir celui qu'elle appelle son "petit frère" : François Fillon.  Son nouveau combat ? Faire de l'ex-Premier ministre le chef de l'UMP.

Après avoir transmis, non sans élégance, les clés de la Culture à Aurélie Filippetti, Frédéric Mitterrand est reparti sur son scooter incognito.  L'ex-ministre n'a rien dévoilé de ses projets à venir. Dans un entretien au Parisien le 2 avril dernier, il expliquait toutefois : " je vais avoir 65 ans. Je me donne dix ans pour tout faire : écriture, cinéma, télévision. Peut-être y en a-t-il à gauche qui voudront se venger ? Qui me rendront la vie difficile. On verra bien." En attendant un éventuel retour à la télévision, Frédéric Mitterrand pourra toujours lire et relire Et il est dit, le livre de l’écrivain italien Erri De Luca que lui a offert sa successeure.