La Matignon academy

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@ REUTERS
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Les deux derniers finalistes, Fillon et Borloo, récoltent les bons points offerts par le président.

Alors que le remaniement annoncé il y a plus de six mois se fait toujours attendre, Nicolas Sarkozy distribue les bons points à ces favoris. Les deux derniers finalistes encore en lice pour le fauteuil de Matignon, François Fillon, candidat à sa propre succession, et Jean-Louis Borloo, eux, croient toujours en leurs chances de rafler la mise et recherchent l’approbation du président.

Un bon point pour Borloo

Jeudi matin, c’est Jean-Louis Borloo qui a été bien noté par le chef de l’Etat. En visite dans l'Aube, Nicolas Sarkozy a, en effet, rendu un hommage appuyé à son ministre de l’Ecologie. Evoquant les problèmes de transport de marchandises, le président l’a salué pour ne pas avoir cédé au "tout fluvial" ni au "tout ferroviaire".

"Je veux rendre hommage au courage de Jean-Louis Borloo d'avoir résisté à cette espèce de sectarisme idéologique! La France n'a pas besoin de sectarisme, elle n'a pas besoin d'idéologie. La France a besoin d'ouverture", a insisté le chef de l’Etat.

Un compliment pour Baroin

Au passage, François Baroin, ministre du Budget, un temps considéré comme un outsider pour le poste de Matignon, a eu droit lui aussi à son compliment.

"Mes remerciements pour la qualité de son travail au budget où il bénéficie de ma totale confiance", a lancé Nicolas Sarkozy. "Il sait combien je compte sur lui", a ajouté le chef de l'Etat sur les terres de François Baroin.

Fillon prend une longueur d’avance

Mais François Fillon est loin d’être battu. Il a en effet brusquement changé la donne, mercredi soir, avec une déclaration dans laquelle il s'est dit implicitement candidat à sa propre succession.

"Je crois à la continuité de notre politique réformiste parce que je pense qu'on ne gagne rien à changer de cap au milieu de l'action et parce que le redressement de la France réclame de la durée", a martelé l’actuel Premier ministre, lors d'un discours devant des ingénieurs à Matignon.

"On dirait Santa Barbara !"

S'il suggère ainsi à Nicolas Sarkozy de garder le cap plutôt que de donner un hasardeux coup de barre au centre, c'est que François Fillon a dû recevoir de l'Elysée un signal l'autorisant à le faire, estime un membre du gouvernement. "Je connais bien François, a confié ce ministre au journaliste d'Europe 1, Jérôme Chapuis, il ne dirait pas cela s’il n’y avait pas reçu des garanties du président". Le chef de l’Etat aurait donc remis, lui aussi, un bon point à l’actuel locataire de Matignon.

Tous cela prend des airs de "Santa-Barbara", la série télévisée fleuve américaine des années 1980, a commenté, pour sa part, Cécile Duflot. Au gouvernement et dans les cabinets, tout le monde "ne pense qu'à une seule chose : c'est quoi mon futur boulot", a déploré la secrétaire nationale des Verts.