"La Frondeuse" : la lettre de Hollande

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"La Frondeuse" : la lettre de Hollande
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DOC - Le chef de l'Etat et Manuel Valls ont écrit pour soutenir la plainte de Trierweiler.

L'info. François Hollande et Manuel Valls ont chacun écrit une lettre, ajoutée au dossier, pour soutenir l'assignation déposée par Valérie Trierweiler contre les auteurs de La Frondeuse, une biographie non autorisée parue en octobre sur la Première dame. Des courriers révélés par RTL et qu' Europe 1 s'est procurés. 

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Le contexte. Ces deux missives interviennent alors que les auteurs de ce livre, Christophe Jakubyszyn et Alix Bouilhaguet sont jugés lundi pour "diffamation et atteinte à la vie privée". Valérie Trierweiler demande 80.000 euros de dommages et intérêts.

La lettre de Hollande. Le courrier, manuscrit, ne comporte pas l'en-tête de la présidence. "Je tiens à dénoncer comme pure affabulation les passages du livre La Frondeuse (p. 46 et 47) concernant une prétendue lettre jamais écrite et donc jamais parvenue à son prétendu destinataire. L'invention ne peut être un procédé dans un essai politique sauf à être présenté comme un roman", écrit le président, donnant ainsi une petite leçon aux deux auteurs. Dans le passage en question, les auteurs affirment que François Hollande a sollicité par courrier Patrick Devedjian pour qu'il lui organise une rencontre avec le Premier ministre de l'époque, Edouard Balladur.

Lettre Hollande

La lettre de Valls. Le ministre de l'Intérieur a, lui aussi, écrit une lettre au TGI de Paris. Dans ce courrier, avec cette fois l'en-tête du ministère de l'Intérieur, Manuel Valls confirme avoir reçu, en juin dernier, Christophe Jakubyszyn dans le cadre de la rédaction de son ouvrage "qui devait, selon l'auteur, lui être favorable". "Les propos qui me sont prêtés, dans ce livre, sont souvent approximatifs partiels et sortis de leur contexte", affirme le locataire de la Place Beauvau

Lettre Valls     

















La réplique du camp adverse. Pour l'avocat des deux auteurs, François Hollande a violé la séparation des pouvoirs en écrivant une telle lettre dans une affaire judiciaire. "Le président de la République est garant de l'indépendance de la magistrature. C'est absolument incroyable ! On nage en plein délire", a commenté Me Olivier Pardo, avant l'audience. Le conseil a aussi fait remarquer que la lettre de Manuel Valls avait été rédigée "sur papier à en-tête alors que c'est une affaire privée".

Une argumentation reprise par Eric Ciotti sur son compte Twitter :

Une décision le 28 janvier. Les débats lundi devant le tribunal de grande instance de Paris n'ont pas abordé le fond du dossier. Seuls des "moyens de nullité", portant notamment sur les délais de citation, ont été soulevés par la défense, qui a demandé l'annulation de l'assignation des auteurs et éditeur du livre. C'est sur ces moyens que le tribunal a mis sa décision en délibéré jusqu'au 28 janvier. "C'est l'arroseur arrosé", s'est félicité devant la presse Me Olivier Pardo, avocat de l'éditeur, soulignant que le livre allait pouvoir se vendre sans encombre jusque-là.