La droite et l'extrême-droite vent debout contre la venue du rappeur Médine au Bataclan

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La droite et l'extrême-droite vent debout contre la venue du rappeur Médine au Bataclan
Le visuel de l'album du chanteur associé à l'affiche de son concert au Bataclan sont abondement partagés sur les réseaux sociaux, dimanche soir. @ Twitter
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Plusieurs responsables politiques reprochent au chanteur des titres comme "Don't Laïk" ou "Jihad", jugeant qu'ils représentent un "appel au meurtre". 

Des élus de droite et d'extrême droite ont protesté dimanche contre les prochains concerts du rappeur Médine au Bataclan, théâtre d'attentats en novembre 2015, en lui reprochant d'anciennes chansons comme "Don't Laïk" ou "Jihad".

"Sacrilège pour les victimes". "Au Bataclan, la barbarie islamiste a coûté la vie à 90 de nos compatriotes. Moins de trois ans plus tard, s'y produira un individu ayant chanté 'crucifions les laïcards' et se présentant comme une 'islamo-caillera'. Sacrilège pour les victimes, déshonneur pour la France", s'est offusqué sur Twitter le président des Républicains, Laurent Wauquiez. "Aucun Français ne peut accepter que ce type aille déverser ses saloperies sur le lieu même du carnage du Bataclan. La complaisance ou pire, l'incitation au fondamentalisme islamiste, ça suffit!", a twitté la présidente du Rassemblement national (ex-FN), Marine Le Pen.



Sollicité par l'AFP, le codirecteur du Bataclan, Jules Frutos, n'a pu être joint. Le rappeur n'a pas non plus réagi. Sur Twitter, le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, a appelé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb à "utiliser contre ce rappeur les mêmes armes que celles utilisées contre Dieudonné" pour éviter la tenue de ces concerts les 19 et 20 octobre. Une pétition demandant leur annulation a été lancée sur change.org par Grégory Roose, ex-délégué départemental du FN dans les Alpes-de-Haute-Provence.

"Un appel au meurtre". En dehors de la droite et de l'extrême droite, la députée LREM Aurore Bergé a fustigé sur Twitter une "affiche (qui) est une insulte à ceux qui sont morts au Bataclan". Elle faisait référence à une affiche de promotion d'un ancien album de Médine, "Jihad, le plus grand combat est contre soi-même" (2005). Ce disque se concluait sur la chanson "Jihad", dans lequel le rappeur scandait: "Mon combat est éternel, c'est celui de l'intérieur contre mon mauvais moi-même". Aurore Bergé a également pointé des "paroles (qui) sont, ni plus ni moins, un appel au meurtre", en reproduisant un passage de la chanson "Don't Laïk": "Crucifions les laïcards comme à Golgotha".



Ce titre, dans lequel le rappeur havrais d'origine algérienne disait également mettre "des fatwas sur la tête des cons", avait fait polémique en janvier 2015. Il était paru une semaine avant l'attentat djihadiste contre Charlie Hebdo, lors duquel deux hommes armés avaient exécuté 11 personnes dans les locaux parisiens de l'hebdomadaire satirique. "'Don't Laïk' est aux fondamentalismes laïques ce que les caricatures de Charlie Hebdo sont aux fondamentalismes religieux", s'était défendu Médine plus tard dans une tribune publiée dans L'Obs.

"Polémiques stériles". Les associations de victimes de l'attaque du Bataclan n'ont pas réagi dimanche. L'ancien vice-président de l'association de victimes 13onze15, Emmanuel Domenach, a toutefois twitté à l'adresse de Marine Le Pen: "C'est fou comme vous vous souvenez des victimes de terrorisme pour vos polémiques stériles".