La bataille du perchoir a commencé

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La bataille du perchoir a commencé
@ REUTERS
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Ségolène Royal, Jean Glavany ou encore Jack Lang sont prêts à livrer bataille.

 

Le président : élu. Les ministres : nommés. Les cabinets : constitués. Après la présidentielle et 10 ans d’absence au pouvoir, l’échiquier de la gauche s’est vite reconstitué. Pour autant, le Parti socialiste n'en a pas fini avec les luttes influences : deux autres batailles entre ténors socialistes devront en effet se jouer après les législatives : celle pour la tête du PS (on vous en parlait ici) et celle pour la présidence de l’Assemblée, le 4e personnage de l’Etat.

Sur la ligne de départ, Ségolène Royal, Jack Lang et Jean Glavany semblent déjà prêts à en découdre pour décrocher le perchoir si la gauche l’emportait aux législatives le 17 juin prochain.

ROYAL, CANDIDATE DECLARÉE

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Ségolène Royal s’est placée la première dans les starting-blocks. Dès la fin de la primaire socialiste la candidate à la députation à La Rochelle avait ainsi assuré que François Hollande et Martine Aubry lui avaient "ouvert la perspective" - autrement dit promis - de devenir présidente de l'Assemblée en cas de victoire de la gauche. Puis, "je pense que je peux être très utile à ce poste", avait-elle estimé à l’époque.

Ségolène Royal peut compter sur l’appui du chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault, qui mardi vantait ses qualités dans une interview donnée L’Express : "Elle en a les qualités". Et, "pour la première fois, une femme à la présidence de l'Assemblée nationale, ce serait un beau symbole", ajoutait-il.  

Mais pour arriver jusqu'au perchoir encore faut-il remporter les législatives. Et l'élection de Ségolène Royal à La Rochelle, lors du scrutin des 10 et 17 juin, est loin d'être gagnée. La présidente de la région Poitou-Charentes se présente dans la première circonscription de Charente-Maritime où elle sera notamment confrontée à l'ancien premier secrétaire départemental du PS Olivier Falorni, qui conteste son "parachutage". Cet ancien proche de François Hollande avait été choisi par les militants socialistes avant de se faire exclure du PS après avoir refusé de s'effacer devant Ségolène Royal.  

 

GLAVANY, CANDIDAT EN COULISSES

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Et quand bien même elle remportait à La Rochelle, Ségolène Royal n’aurait pas la voie libre. Sa cote de popularité parmi les membres du groupe PS à l’Assemblée n’est pas au mieux. Absente depuis cinq ans des couloirs du Parlement, la candidate a laissé le souvenir d’une députée qui joue perso avant de penser au collectif.

Fabusiens et aubryistes seraient même prêts, révèle le journal Le Monde, à soutenir une possible candidature de Jean Glavany, resté discret pendant la campagne présidentielle.

Est-il candidat ? Le député des Hautes-Pyrénées, mitterrandiste puis jospiniste, s’en défend. "Cette manière de s’autoproclamer, d’ailleurs passe très mal. Aussi bien moi dans les Hautes-Pyrénées que d’autres en Charente-Maritime", a-t-il confié au quotidien.

LANG, CANDIDAT ISOLÉ

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A 72 ans, Jack Lang, lui, ne fait pas secret de son ambition. Dès le mois de février, le socialiste et candidat aux élections législatives dans les Vosges disait son intention de briguer "la présidence de l'Assemblée nationale". 

"Il faut refonder notre République. Et, pourquoi pas, je me verrais bien à la présidence de l'Assemblée nationale", avait ainsi fanfaronné Jack Lang sur le blog La girafe qui rit. 

Relativement isolé parmi les députés, il insistait pourtant : "J'ai envie d'être l'un des acteurs du renouveau du Parlement. C'est une ambition qui rejoint une volonté d'innovation".

Une autre candidate aurait pu départager tout le monde : Marylise Lebranchu. Proche de Martine Aubry, elle avait disputé la bataille en 2007 contre Bernard Accoyer pour décrocher cette présidence de l’Assemblée et prévoyait de se représenter en 2012. Mais en la nommant, il y a trois semaines, ministre de la réforme de l’Etat et de la décentralisation, Jean-Marc Ayrault  semble avoir débarrassé Ségolène Royal de sa plus sérieuse rivale. 

Enfin, un dernier scénario donne des sueurs froides à l'Elysée, rapporte sur son blog le journaliste J-F Achilli. Depuis la réforme constitutionnelle de 2008, un suppléant de ministre doit attendre un mois avant de pouvoir siéger. Or 24 ministres sont engagés dans la bataille des législatives. En résumé donc, s'ils sont tous élus, 24 sièges de gauche ne pourraient être occupés pendant un mois.

En cas de majorité serrée, la gauche pourrait ainsi avoir "dû mal à élire le nouveau président de l’Assemblée Nationale pour sa rentrée le mardi 26 juin". Un président UMP aurait même en théorie des chances de passer.