La loi Macron met l'UMP mal à l'aise

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La loi Macron met l'UMP mal à l'aise
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ON EST CONTRE, MAIS… - Nicolas Sarkozy a fixé la ligne du parti : l'UMP votera contre le texte. Mais certains députés hésitent encore.

Il est député UMP, mais il approuve un projet de loi du gouvernement socialiste. Hervé Mariton, candidat malheureux à la présidence de l'UMP, a annoncé lundi au Mondeson intention de voter "en faveur de la loi Macron". Certes, les réformes du texte sont "insuffisantes", mais certaines telles que la libéralisation des autocars, le renforcement de l'Autorité de la concurrence ou l'ouverture du capital des aéroports trouvent grâce à ses yeux. De quoi relancer le débat au sein d'un parti gêné par un texte qu'il n'aurait peut-être pas désapprouvé s'il n'était pas porté par la gauche.

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© Reuters

Sarkozy est contre… Officiellement, l'UMP votera contre la loi Macron. C'est la position de son président Nicolas Sarkozy, venu la défendre devant les députés UMP mardi à l'Assemblée nationale. Christian Jacob, le patron du groupe, s'est inscrit dans ses pas. Avec cet argument rapporté par un participant : "à un problème compliqué, il faut une réponse simple". En l'occurrence, le vote contre.

…mais certains hésitent. Pourtant, certains députés UMP se démarquent de cette ligne, en soulignant que tout n'est peut-être pas à jeter dans la loi Macron. "Elle va dans la bonne direction, celle de plus se souplesse et de concurrence. Il y a des points sur lesquels je n'hésiterais pas à voter oui", expliquait le député Frédéric Lefebvre, la semaine dernière sur BFM Business. Xavier Bertrand s'était lui aussi dit prêt à voter le texte, sous réserver d'inscrire quatre "mesures d'urgence" comme le contrat de travail unique.

Le député du Loiret Olivier Carré a, lui, fait part sur Twitter d'un "a priori positif" sur la loi Macron après les déclarations d'Hervé Mariton… avant de supprimer son tweet mardi ! Contacté par Europe 1, il explique attendre la discussion parlementaire, qui commencera en janvier. "Aujourd'hui, la loi Macron, on ne sait pas ce que c'est. J'attends de voir comment le texte sera débattu", indique-t-il, en précisant qu'il n'hésitera pas à voter des mesures s'il les approuve : "nous sommes astreints à une stratégie de groupe, mais nous avons aussi une liberté individuelle".

Mariton 28/09/14
"Un certain nombre de collègues sont de mon avis, mais ne le disent pas", affirme de son côté Hervé Mariton (photo) à Europe 1. Pourtant, lorsque le sujet a été abordé à la réunion de groupe, "Hervé Mariton était très esseulé", rapporte un participant. "Quelques députés sortent un peu du rang, mais il n'y a aucune division du parti sur le sujet : le groupe votera largement contre", assure-t-on au siège de l'UMP.

Le travail le dimanche, Sarkozy était pour. Pour autant, la droite rencontre quelques difficultés à attaquer le texte sur le fond. Car certaines mesures la placent face à ses contradictions. Ainsi, sous son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait défendu la libéralisation du travail dominical. Réticente, sa majorité avait finalement voté une loi a minima en 2009. Or, le texte d'Emmanuel Macron va plus loin sur ce sujet. Pourquoi alors le président de l'UMP se prononce-t-il contre ? "Il faut lui demander", cingle Hervé Mariton.

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La position sans compromis de Nicolas Sarkozy pourrait être interprétée comme une manière de ne laisser aucune prise au Front national. Si prompte à dénoncer l'"UMPS", Marine Le Pen ne ferait-elle pas son miel d'une loi votée par les deux camps ? A l'UMP, on botte en touche. "Il y a dans ce texte plus de négatif que de positif, donc nous voterons contre", expose à Europe 1 le député Sébastien Huyghe, porte-parole du parti. Mathématique.

Attaquer la méthode. L'argument illustre la méthode choisie : critiquer la méthode, plus que le contenu. "Ce n'est pas une loi, c'est un monstre. On mélange dans le même texte les notaires, les huissiers, les experts-comptables, les bus, les déchets nucléaires", a dénoncé Henri Guaino, mardi sur Europe 1. "On ne peut pas discuter d'une loi qui touche autant de sujets, qui pourraient faire l'objet d'une dizaine de lois qu'on pourrait tranquillement discuter l'une après l'autre".

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