L'UDI et le MoDem se sont dit oui

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L'UDI et le MoDem se sont dit oui
François Bayrou et Jean-Louis Borloo officialiseront l'union de leur mouvement mardi lors d'une conférence de presse commune.@ Reuters
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UNION - Jean-Louis Borloo et François Bayrou ont officialisé le mariage de leurs partis mardi.

C’est la fin d’un feuilleton long de plusieurs mois. Mais aussi d’une brouille datant de onze longues années. Mardi, Jean-Louis Borloo et François Bayrou ont enfin entériné le rapprochement de leur mouvement, l’UDI d’un côté, le Modem de l’autre, avec l’espoir de constituer un pôle centriste puissant en vue des prochaines échéances électorales, profitant de la mauvaise passe du PS et de l’UMP.

Les deux leaders l'avaient annoncé dans deux tweets distincts mais envoyés à la même heure dimanche :

 



Une "alternative" au Front national. Avant de convenir d’une union, Jean-Louis Borloo et François Bayrou en sont arrivés à la même logique : il faut profiter des déboires actuels du PS et de l’UMP. Or, pour l’heure, seul le Front national de Marine Le Pen semble profiter des difficultés des deux grands partis de gouvernement. "Les Français rejettent violemment le pouvoir socialiste, ils sont coincés entre une UMP dont ils ne manifestent pas le désir et une extrême droite qui leur sert d'exutoire", analyse ainsi le porte-parole des députés UDI, Jean-Christophe Lagarde. L'idée est donc de proposer "une alternative" au Front National. "Pour que les Français entendent une parole et une voix différentes, plus équilibrée, refusant les promesses artificielles et acceptant de regarder en face les nécessités de changement profond", complète François Bayrou.

Une charte pour une opposition constructive. Depuis l'été, le processus de rapprochement entre l'UDI et le MoDem s’est accéléré. Début septembre, François Bayrou, qui a fait le choix personnel de voter Hollande au deuxième tour de 2012, a solennellement déclaré qu'il se rangeait dans "l'opposition constructive" à la majorité présidentielle.  Ces termes devraient être repris dans la charte, texte commun signant le rapprochement, et promise initialement pour la "mi-octobre". La charte doit aussi dire deux mots de la présidentielle de 2017, et préciser la procédure pour choisir un candidat. Car les deux leaders, qui peuvent l'un et l'autre prétendre concourir pour l'Elysée, ne cessent de répéter que leur accord va au-delà d'une alliance tactique pour les européennes.

Les municipales, déjà un sujet de dispute. Mais le mariage Borloo-Bayrou est fragile. On n’efface pas ainsi onze ans de brouille. La nouvelle union sera d’ailleurs très vite mise à l’épreuve, à l’occasion des municipales. Les derniers ajustements ont d'ailleurs concerné les cas locaux. Dans plusieurs villes, le Modem est associé au PS, à Marseille notamment. François Bayrou l'a dit clairement au lendemain de la victoire de Patrick Menucci (PS) aux primaires : le Modem ne soutiendra pas le PS marseillais. Mais dans le même temps, l'aile gauche du Mouvement démocrate, représentée par Jean-Luc Bennahmias à Marseille, exclut de soutenir Jean-Claude Gaudin (UMP) et travaille à une liste autonome. "Que l'UDI lâche Gaudin et vienne jouer avec nous des listes centrales!", lance ainsi Christophe Madrolle, un proche de Jean-Luc Bennahmias. Le cas marseillais, un des cas à "clarifier" pour Jean-Louis Borloo, n'est donc pas encore réglé.

A Paris non plus, la situation n'est pas encore stabilisée, entre les déchirements au sein de l'UDI, et le ralliement surprise vendredi du seul conseiller de Paris Modem, Jean-François Martins, à la candidate socialiste Anne Hidalgo (PS). Le fautif devrait être exclu sous peu du parti centriste.

A l’UMP, on ironise. A l'UMP, "partenaire privilégié" de l'UDI, ce rassemblement suscite, officiellement, ironie ou indifférence.  Des "petits arrangements de boutiquiers" pour Christian Jacob (UMP), "aucune inquiétude" pour Jean Leonetti, du courant centriste de l'UMP.  Pourtant, souligne Jean-Christophe Lagarde (UDI), "ils se sont intéressés à cette affaire pour qu'elle ne se fasse pas", assurant que Jean-Louis Borloo - dix ans ministre sous Chirac et Sarkozy - n'était pas perméable aux pressions.

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