L'inventaire des années Sarkozy les divise

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L'inventaire des années Sarkozy les divise
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RÉACTIONS - A l’UMP, certains estiment que la priorité est d’attaquer le bilan de Hollande plutôt que de faire celui de Sarkozy.

 Il a "craqué". Durant l’été, les voix réclamant un bilan de la mandature Sarkozy se sont multipliées à l’UMP, de Jean-Pierre Raffarin à François Fillon, en passant par Laurent Wauqiez ou Hervé Mariton. Samedi, Jean-François Copé a donné son feu vert, dans une interview accordée aux journaux du groupe Nice-Matin. "Je considère qu'aujourd'hui les conditions sont réunies pour faire un travail sérieux et objectif : l'UMP ayant désormais une équipe dirigeante définitivement confortée par le vote massif des militants au mois de juin dernier, elle est en ordre de marche pour un dialogue sincère et sans langue de bois avec les Français", argue le président du premier parti d’opposition. Mais tous ne sont pas de son avis.

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hortefeux

Brice Hortefeux, fidèle parmi les fidèles de l’ancien président, a ainsi estimé sur BFM TV que prendre le temps de regarder dans le rétro signifiait ne plus en avoir pour regarder ce qui se passe actuellement. "Si on s'occupe de nous, on s'occupe moins du gouvernement et de la majorité. Moi, je ne suis pas pour qu'on laisse du répit à la majorité", a lancé l’ancien ministre de l’Intérieur.

La trésorière de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy, Nadine Morano, s'est également prononcée contre le droit d'inventaire du quinquennat de Nicolas Sarkozy dans une interview au Parisien dimanche. A propos de ce droit d'inventaire, la déléguée générale aux élections du parti d'opposition a regretté que "certains de (sa) famille politique aient la mémoire courte ou sélective". "J'aurais aimé qu'ils mettent autant d'énergie à soutenir en son temps notre bilan qu'à réclamer aujourd'hui un inventaire", a-t-elle dit en soulignant qu'un "quinquennat passe vite pour la majorité comme pour l'opposition".

Michèle Alliot-Marie reuters 930620

© REUTERS

L’ancienne ministre Michèle Alliot-Marie a estimé elle aussi qu'il y avait un "certain masochisme de la part de la droite" à réclamer un tel débat alors que la gauche ne l'avait pas fait après les années Jospin. Il y a "en même temps aussi une attente de nos adversaires en disant: 'un droite d'inventaire, ça va permettre d'insister sur ce qui ne s'est pas passé'. Or, un droit d'inventaire ça doit permettre aussi de mettre en avant ce qui a été réussi", a-t-elle dit sur i>Télé.

Geoffroy Didier, l’autre leader de la Droite forte avec Guillaume Peltier, est lui aussi plus que mesuré, et il l’a exprimé sur le réseau social Twitter :

Contacté par Francetv info, Patrick Balkany, vieux copain de l’ancien président, a également fait savoir à Jean-François Copé que la priorité n’était pas, selon lui, à l’autocritique : "Jean-François Copé ferait mieux de faire l'inventaire des conneries de la gauche depuis un an, ce qu'il ne fait d'ailleurs pas beaucoup en ce moment. Pendant les vacances, le silence des dirigeants de l'UMP est assourdissant."

Lionnel Luca député UMP 930 620 Maxppp

© Maxppp

Lionnel Luca, interrogé samedi matin par Europe 1, s’est dit "surpris" de l’initiative de Jean-François Copé. "On ferait mieux de s’occuper du bilan de la première année de François Hollande. Je pense que nous prenons le risque d’un nouveau psychodrame après les élections internes, avec tous ceux qui ont été des courtisans à une certaine époque et qui voudront en quelque sorte se dédouaner et feront de leur surenchère pour leur propre perspective personnelle en 2017."