L'embarrassant frère de Michèle Tabarot

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L'embarrassant frère de Michèle Tabarot
@ REUTERS
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La n°2 de l'UMP pourrait avoir profité de l'argent trouble de son frère pour financer sa campagne.

L'INFO. La numéro deux de l'UMP Michèle Tabarot pourrait être visée par une enquête sur les malversations financières de son frère Claude Roch, mis en examen en Espagne pour une escroquerie immobilière de 72 millions d'euros. Mediapart (article payant) révèle lundi que les investigations pourraient même être étendues à la France à la demande de victimes françaises de l'escroquerie. La secrétaire générale de l'UMP se dit scandalisée par ces déclarations.

Une escroquerie immobilière. La justice espagnole accuse Claude Roch Tabarot, le frère de Michèle Tabarot, d'avoir vendu, via la holding Riviera Coast Invest, des appartements sur plan, à Grenade et Murcie, qui n'ont jamais été construits et sur des terrains qui ne lui appartenaient pas. Ce dernier est également suspecté d'avoir effectué des retraits en espèces pour 13,5 millions d'euros et des virements suspects vers le Maroc, la France et les Etats-Unis.

Des coïncidences. Ces montants sont "suffisamment significatifs pour s'interroger sur l'usage de ces fonds et la logique de cette opération", selon les enquêteurs cités par Mediapart. Or, les soupçons des victimes ont été renforcés par le fait qu'un proche conseiller de Michèle Tabarot, Frank Mezzasoma, également trésorier adjoint de la fédération UMP des Alpes-Maritimes, a été l'un des actionnaires de la société Riviera Coast Invest.

Une affaire de famille. Dans ce cadre, les autorités judiciaires pourraient s'intéresser au financement des activités politiques de Michèle Tabarot, députée-maire du Cannet et de son second frère, Philippe Tabarot, secrétaire national de l'UMP, conseiller général des Alpes-Maritimes et candidat à la mairie de Cannes en 2014. "Il y a des preuves qu'une partie de l'argent des victimes espagnoles du groupe Riviera est allée en France et que cet argent a été détourné par un membre de la famille de responsables politiques, dans leur campagne électorale", accuse ainsi l'avocat de l'association des victimes, José Luis Escobar, interrogé par Mediapart.

Tabarot "scandalisée". Interrogée mardi par RMC, Michèle Tabarot s'est dit "scandalisée que sa famille fasse à nouveau l’objet d’une campagne de dénigrement fallacieuse, indigne et délirante". "J’exerce des responsabilités politiques depuis des années et toutes mes actions ont été réalisées avec une probité reconnue et souvent citée en exemple", assure cette proche de Jean-François Copé.